Petit Lexique Illustré à l’usage de l’extrême droite et de ceux qui Copient par dessus son Épaule…

Depuis que la Gauche -enfin ce qui était la Gauche- est au gouvernement le vocabulaire de l’extrême droite et de ceux qui essaient de récupérer quelques brebis égarées en piochant des idées dans son corpus, s’est enrichi de néologismes  assez corsés à l’usage de ceux qui empruntent la voie de la simplification de la Démocratie.

On rappellera que les élections se font ces dernières années par un écart de 1 à 3% entre la majorité et l’opposition (interchangeables). Donc, dans le cadre des dernières présidentielles, une moitié de l’électorat et de ceux qui sont supposés avoir aidé à l’alternance se voient affublés de qualificatifs qui montrent assez la haine qui anime ceux qui pensent que l’autre, celui qui ne partage pas les mêmes valeurs, est un « mauvais français ».

On a réuni les principaux néologismes qui font florès sur les réseaux sociaux et dans les commentaires des blogs.

Socialope

  • Traduction : Les membres du parti socialiste, ceux qui ont voté à gauche une fois dans leur vie, et même les mecs qui ont le malheur de porter les cheveux un peu longs sont tous des suppôts de Satan.
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  • Le Connard enchainé, merdia socialope ( Patriotes Résistants)
  • CETTE ANNÉE ENCORE, LA LÈCHE BABOUCHES SOCIALOPE  HIDALGO,  a invité 450 PERSONNES pour l’IFTAR (rupture du jeûne des muzz)  – (Français de France )
  • LES SOCIALAUDS ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait. (Français de France)
  • Certains se sont déjà armés de « pistolet à grenaille », « fusil à pompe » ou de « 357 Magnum »  MAIS QUE FAIT LA SOCIALOPE AUBRY / BROCHEN / DELORS (Français de France )

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Journalope

  • Traduction : Les journalistes ne sont pas forcément toujours objectifs, d’ailleurs ils disent souvent du mal de Marine alors que tout le monde sait qu’elle va sauver la France.
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  • Les journalopes d’RMC se font remettre à leur place par un auditeur (Stop Mensonges)
  • Vous êtes les putes du système journalope ( Purfi )

Gauchiasse

  • Traduction : Socialope c’était pas assez donc il fallait inventer un terme qui tape plus large. Selon le taux frustration du mec, on peut faire partie de la gauchiasse en votant Bayrou. En fait, on est « gauchiasse » quand on est plus à gauche qu’eux, et vu qu’ils partent de pas mal loin, ça englobe un paquet de monde.
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  • Marion, 13 ans assassinée au collège par la gauchiasse et la racaille ( Media Libre )
  • La « gauchiasse » n’en revient toujours pas d’ailleurs. ( Observatoire du mensonge )
  • La gauchiasse dans toute sa splendeur. Un jour les traitres paieront ! (Patriotes Français)
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Merdias

  • Traduction : C’est dans les merdias que les journalopes laissent les gauchiasses et autres féminazis développer leur propagande droit-de- l’hommiste (oui ça fait beaucoup de nouveaux mots, on les explique plus bas dans l’article).
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  • « (…) Les français n’en peuvent plus d’être lobotomisés par les merdias d’Etat. La paysannerie se révolte. La Foll du gouvernement, vous savez le savant brushing coiffé-décoiffé des années 80, met toujours la faute sur les centrales d’achat des groupes de distribution. Savez-vous que les enseignes réduisent de plus en plus leur marges. Avez-vous remarqué que les prix distributeurs sont souvent plus élevés que la marque.  » [le journal du peuple de France]

merdias

Droit de l’Hommiste

  • Traduction : L’insulte ultime. On ne fait pas pire qu’un droit de l’hommiste qui n’est rien qu’une tapette qui refuse de voir la vérité en face. Après, de quelle vérité parlent-ils… On n’a toujours pas vraiment compris, mais on ne va pas trop chercher à comprendre parce que la psychologie c’est vraiment un truc de tapette droit de l’hommiste.
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  • « Ne dites pas un mot politiquement incorrect, ne mettez pas en cause telle association où telle autre association «droit-de-l’hommiste», ces nouveaux chiens de garde de la bien-pensance(…) Tout ce petit monde de savants des bacs à sable, ces incultes de l’histoire contemporaine, ces soit-disant analystes, sociologues, politologues et autres enfumeurs et philosophes à deux balles, ne sont que les représentants d’une classe de dégénérés issus des soixante-huitards, des ânes bâtés, des ignorants des enjeux, à commencer pour leur propre liberté. » [Ripostelaïque]

Bobo

  • Traduction : Est un riche qui joue au pauvre. Il fait partie de la gauchiasse et il écoute Amadou et Mariam en mangeant des galettes de blé sans gluten. Sans lui, la France, la belle et grande France, retrouverait sa grandeur. Enfin on croit, on n’a pas vraiment tout compris.
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Voilà quelques exemples du langage utilisé pour exprimer la profondeur des valeurs « patriotes » de l’extrême droite et de la Droite de la Droite. Vous pourrez ainsi traduire plus facilement les commentaires philosophiques des tenants de l’antisystème dans les post de Facebook ou de Twitter. [traduction des néologismes – Topito]

 

Savent-ils vraiment gérer un État ? La preuve par Bygmalion…

Bygmalion semble être une société qui présupposait que l’UMP ne regardait pas ses facturettes. Laissons un peu de côté le battage médiatique et les éléments de langage des Sarkolâtres pour s’intéresser, à des détails diront certains, à des faits assez étonnants disent les habitués de l’apéro Au Coin du Comptoir.

Beaucoup de ceux qui ont le coude sur le zinc se posent la question de savoir si les politiques mêlés à cette affaire ne sont pas des gogos qui marchent dans toutes les combines fomentées par des escrocs patentés. Ou alors, seraient-ils des magouilleurs au troisième degré, perdus dans des combines dont au final ils ne comprennent plus rien, ayant entre temps fait une Alzheimer précoce ?

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Nous allons prendre quelques exemples ou certains « gogos » auraient dû relire leurs facturettes. Pour qu’on e nnous taxe pas de partisans, nous prenons ces exemples dans le Figaro, [Les factures mirobolantes de Bygmalion… 06/2014] le journal de monsieur Dassault, journal peu connu pour être un repaire de gauchistes.

  • Une lettre d’information en or massif

La simple lettre d’information du groupe UMP, envoyée près de 40 fois par an aux 314 députés du parti, est particulièrement coûteuse. Huit factures et 172 415,36 € plus tard, les élus ont reçu trois paragraphes de texte, une photo et quelques extraits de discours.

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L’Austérité continue, il n’y a pas d’Alternative… Même le FMI dit le contraire !

On nous le dit, on nous le répète depuis des années : « il n’y a pas d’alternative à l’austérité » et pourtant…

Déjà en 2013 la Commission Européenne avait des doutes: « Les effets négatifs des restrictions budgétaires et des hausses d’impôts sur l’emploi et le niveau de vie sont de plus en plus visibles dans certains États membres » disait-elle dans son rapport du 26 mars, et  le commissaire européen chargé des Affaires sociales, Laszlo Andor ajoutait : « La crise sociale que traverse l’Europe continue de s’aggraver. Dans un certain nombre d’États membres, aucun signe d’amélioration tangible n’est en vue. Les personnes les plus pauvres ont très souvent été les plus sévèrement touchées« . Les dépenses de protection sociale baissent plus rapidement que lors des crises économiques précédentes, notait encore le rapport, qui constatait que la proportion des ménages de l’Union faisant état d’une situation de détresse financière restait largement supérieure à ce qui a pu être observé au cours de la précédente décennie. Près d’un ménage à bas revenus sur quatre connaît une telle situation.

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Aujourd’hui c’est le FMI qui s’y met.

Un texte publié dans la Revue du FMI de juin  critique, avec de la modération mais sans ambiguïté, la vigueur et la généralisation des politiques néolibérales -qualifiées comme telles- au niveau mondial, l’instabilité qu’elles provoquent, les inégalités qu’elles génèrent. Ce n’est pas la première fois que des doutes s’expriment depuis le cœur même du réacteur. Et cela n’empêche pas le réacteur de continuer à tourner à fond, emporté par son propre élan.  Il n’y a pas d’alternative, vous disent (presque) tous les candidats à la future présidentielle !!
Le texte du FMI critique de  l’austérité. [traduction réalisée par Monique Plaza et Loïc Steffan à partir du site «  L’arène Nue « ]

Le néolibéralisme a-t-il été surestimé ?

Au lieu de relancer l’activité, certaines politiques néolibérales ont accru les inégalités, compromettant en retour la croissance durable de l’économie.

En 1982 Milton Friedman saluait le «miracle économique» chilien. Près d’une décennie plus tôt, le Chili avait été soumis aux politiques qui, depuis, se sont imposées partout dans le monde. L’agenda néolibéral -expression davantage utilisée par les critiques que par les tenants de cette politique –  repose sur deux éléments principaux. Le premier est l’accroissement de la libre concurrence, obtenu grâce à la déréglementation et à l’ouverture des marchés, y compris financiers, à la concurrence étrangère. Le second est la réduction du  rôle de l’État, via les privatisations et les limites imposées aux gouvernements en matière de déficits budgétaires et d’endettement.

On assiste partout dans le monde, depuis les années 1980, à la généralisation du néolibéralisme. Elle est notamment visible dans la façon dont les différents pays ont introduit la concurrence dans divers domaines de l’activité économique pour favoriser la croissance.

Comme on le voit dans la planche de gauche du graphique ci-dessous, la poussée néolibérale au Chili a commencé une dizaine d’années avant 1982, avec des changements de politiques le rapprochant  des États-Unis. D’autres pays ont également mis en œuvre des politiques néolibérales (voir le graphique, planche de droite).

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Il y a certes eu des éléments positifs dans l’explosion néolibérale. L’expansion du commerce mondial a sorti des millions de personnes d’une pauvreté abjecte. L’investissement direct étranger a souvent été un moyen de transfert de technologie et de savoir-faire pour les économies en développement. La privatisation des entreprises publiques a, dans de nombreux cas, permis de fournir des services plus efficaces et de réduire le fardeau fiscal des gouvernements.

Cependant, d’autres aspects du néolibéralisme n’ont pas fonctionné. Notre évaluation de celui-ci se limite aux effets générés par deux mesures : la suppression des restrictions à la circulation des capitaux à travers les frontières d’un pays (la fameuse libéralisation du capital), et l’assainissement budgétaire parfois appelé «austérité»,  expression utilisée pour désigner les politiques de réduction des déficits budgétaires et des niveaux d’endettement. Une évaluation de ces politiques spécifiques (plutôt que de l’intégralité vaste processus néolibéral) aboutit à  trois conclusions inquiétantes :

– les avantages en termes de croissance semblent assez difficiles à établir lorsqu’on considère un grand nombre de pays,

– les coûts en termes d’accroissement des inégalités sont exorbitants. Ces coûts incarnent le dilemme croissance/équité de l’agenda néolibéral,

– la hausse des inégalités hypothèque à son tour  le niveau et la durabilité de la croissance. Même si la croissance est le seul ou le principal objectif du néolibéralisme, les partisans de celui-ci devraient malgré tout prêter attention aux effets distributifs.

Ouverture et fermeture ?

Comme l’a noté Maurice Obstfeld (1998), «la théorie économique ne laisse aucun doute sur les avantages potentiels» de la libéralisation du capital, parfois appelée «ouverture financière». Celle-ci peut permettre au marché international des capitaux de canaliser l’épargne mondiale de façon à rendre plus efficiente son utilisation à l’échelle internationale. Les économies en développement disposant de peu de capital peuvent emprunter pour financer leurs investissements, ce qui favorise leur croissance économique sans exiger de fortes hausses de l’épargne dans leur propre économie. Mais Obstfeld a également souligné le «risque véritable» de l’ouverture aux flux financiers étrangers. Il a admis que «cette dualité des avantages et des risques était incontournable dans le monde réel».

Il se trouve que c’est le cas. Le lien entre ouverture financière et croissance économique est complexe. Certaines entrées de capitaux, tels que les investissements directs étrangers (IDE) -qui peuvent inclure un transfert de technologie ou de capital humain- semblent stimuler la croissance à long terme. Mais l’impact des autres flux -comme les investissements de portefeuille, les services bancaires risqués ou spéculatifs sur la dette- ne semble ni stimuler la croissance, ni permettre au pays de mieux partager les risques avec ses partenaires commerciaux (Dell’Ariccia et autres, 2008; Ostry , Prati et Spilimbergo, 2009). Cela suggère que la balance entre avantages et risques des flux de capitaux dépend du type de flux considéré, ainsi que de la nature des politiques menées.

Si la croissance et ses bénéfices sont  incertains, les coûts en termes d’instabilité économique et la fréquence des crises semblent quant à eux plus évidents. Depuis 1980, il y a eu environ 150 épisodes de volatilité pour les flux de capitaux dans plus de cinquante économies émergentes. Comme indiqué dans la colonne de gauche du tableau ci-dessous, ces épisodes se sont terminés par des crises financières dans 20% des cas, dont beaucoup associées à de forts épisodes récessifs (Ghosh, Ostry et Qureshi, 2016).

L’alternance régulière de ces cycles d’expansion et de récession accrédite l’affirmation de  Dani Rodrik, économiste de Harvard. Pour lui, tout cela «est à peine considéré comme un petit défaut dans les flux de capitaux internationaux alors que c’est en réalité le fond de l’affaire». Bien que plusieurs causes se conjuguent, l’ouverture sans cesse croissante aux mouvements de capitaux est un vrai facteur d’instabilité. En plus d’augmenter les risques d’un accident, l’ouverture financière modifie la redistribution des revenus et accroît sensiblement les inégalités. En outre, les effets de l’ouverture sur les inégalités sont beaucoup plus élevés quand un accident survient (graphique ci-dessous, colonne de droite).

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L’évidence du  coût élevé l’ouverture des marchés de capitaux par rapport au bénéfice, notamment en ce qui concerne les flux à court terme, a conduit l’ancien Directeur général adjoint du FMI, Stanley Fischer, maintenant vice-président de la Réserve fédérale des États-Unis, à s’interroger récemment : «quelle est l’utilité des flux de capitaux internationaux à court terme ?». Chez les décideurs d’aujourd’hui, on sent monter la volonté de contrôle afin de limiter les flux à court terme qui sont jugés susceptibles d’entraîner -ou au moins de participer à – une crise financière. Alors que le contrôle des capitaux n’est pas le seul outil disponible -les taux de change et les politiques financières peuvent aussi aider- il est parfois la seule option lorsque la source d’un boom du crédit non durable est l’emprunt direct à l’étranger ( Ostry et al, 2012).

La taille de l’État

Réduire la taille de l’État est un autre objectif de l’agenda néolibéral. La privatisation de certaines missions gouvernementales est un moyen d’atteindre cet objectif. L’autre est de limiter les dépenses du gouvernement via la réduction des déficits budgétaires, et en limitant la capacité des gouvernements à s’endetter. L’histoire économique de ces dernières décennies offre de nombreux exemples de telles restrictions, comme la limite d’une dette à 60% du PIB imposée aux pays voulant  rejoindre la zone euro (et qui est l’un des critères de Maastricht).

La théorie économique donne peu d’indications sur le niveau optimal de la dette publique. Certaines théories justifient des niveaux plus élevés de dette (puisque la fiscalité créée de la distorsion) et d’autres privilégient des niveaux inférieurs et même négatifs (puisque les chocs défavorables appellent l’épargne de précaution). Dans certaines de ses préconisations de politique budgétaire, le FMI se préoccupe surtout de la vitesse à laquelle les gouvernements réduisent leurs déficits et leurs niveaux d’endettement suite à l’accumulation de dette dans les économies avancées induites par la crise financière mondiale. Un désendettement trop lent perturbe les marchés. Trop rapide, il peut faire dérailler la reprise. Mais le FMI a également plaidé pour des remboursements partiels à moyen terme dans nombre de pays avancés et émergents, principalement pour éviter de nouveaux chocs.

Existe-t-il de bonnes raisons, pour des pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou aux États-Unis, de vouloir réduire leur dette publique ? Deux arguments plaident pour le remboursement de la dette dans les pays ayant une large assiette fiscale, et où le risque réel de crise financière est faible. Le premier argument est que, bien que les grandes récessions comme la Grande Dépression des années 1930 ou la crise financière mondiale de la dernière décennie soient rares, il est utile, quand elles se produisent, d’avoir mis à profit les périodes plus fastes pour rembourser la dette. Le deuxième argument repose sur l’idée que l’endettement élevé est mauvais pour la croissance et que par conséquent, il est essentiel de diminuer la dette pour favoriser cette dernière.

Il est vrai que de nombreux pays (comme ceux d’Europe du Sud) doivent pratiquer la consolidation budgétaire, notamment parce que les marchés ne leur permettront pas de continuer à emprunter sans cela. Pour autant la nécessité de «l’austérité» dans certains pays ne signifie pas qu’elle soit nécessaire pour tous. Ainsi, la circonspection vis-à-vis d’une politique unique est totalement justifiée. Les marchés imputent généralement de très faibles probabilités de crise de la dette aux pays qui ont une forte réputation de responsabilité financière (Mendoza et Ostry, 2007). Une telle réputation leur donne la latitude de décider de ne pas augmenter les impôts ou de pas réduire les dépenses productives lorsque le niveau de la dette est élevé (Ostry et autres, 2010; Ghosh et autres, 2013). Et pour les pays ayant un bon bilan, le bénéfice d’une réduction de la dette pour prévenir une future crise financière se révèle exceptionnellement faible, même si leur niveaux d’endettement est levé. Par exemple, passer d’un taux d’endettement de 120% du PIB à 100% du PIB en quelques années ne procure qu’une faible réduction du risque de crise pour les pays (Baldacci et autres, 2011).

Mais même si le bénéfice est faible, cela pourrait toutefois être utile si le coût était également faible. Il se trouve, cependant, que le coût pourrait être important -beaucoup plus que le bénéfice-. La raison en est que, pour arriver à un niveau d’endettement plus faible, les impôts doivent être augmentés temporairement ou les dépenses publiques réduites, et parfois les deux à la fois. Les coûts des hausses d’impôts ou des coupes dans les dépenses nécessaires au désendettement peuvent être beaucoup plus grands que la diminution du risque de crise permis par la réduction de la dette (Ostry, Ghosh et Espinoza, 2015). Cela ne signifie pas qu’on considère une dette élevée sans incidence. Elle a bien sûr des inconvénients. Mais le point essentiel réside dans l’idée que le coût d’une dette plus élevée (la soi-disant fardeau de la dette) est celui qui a déjà été engagé et ne peut de toute façon plus plus être récupéré.

Confrontés au choix soit de vivre avec une dette élevée -en laissant la dette se réduire grâce à la croissance- soit d’utiliser les excédents budgétaires pour réduire la dette,  les États ayant une économie importante et une assiette fiscale large feraient mieux d’accepter de vivre avec leur dette. Car les politiques d’austérité ont des coûts sociaux importants, détériorent l’emploi et aggravent le chômage.

L’idée que la consolidation budgétaire puisse générer de la croissance (c’est à dire augmenter la production et le volume d’emplois), en augmentant la confiance du secteur privé et de l’investissement, a notamment été défendue par l’économiste de Harvard Alberto Alesina dans le monde universitaire, et par l’ancien président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet dans l’arène politique. Toutefois, en pratique, les épisodes de consolidation budgétaire ont davantage été  suivis par des périodes de faible que de forte croissance. En moyenne, une réduction de la dette de 1 % du PIB augmente le taux de chômage à long terme de 0,6 % et de 1,5 % les inégalités de revenus mesurées par le coefficient de Gini (Ball et autres, 2013).

En somme, les avantages des politiques néolibérales semblent avoir été quelque peu exagérés. Dans le cas de l’ouverture financière, certains flux de capitaux, tels l’investissement direct étranger, semblent apporter les avantages attendus. Mais pour d’autres, en particulier les flux de capitaux à court terme, les bienfaits sur la croissance sont difficiles à obtenir, alors que les risques en termes de volatilité et de risque de crise accru sont très présents. Dans le cas de l’assainissement budgétaire, les coûts à court terme dus à la baisse de la production, du bien-être et à la hausse du chômage ont été minimisés. Et l’on a sous-estimé la possibilité de garder des ratios d’endettement élevés si l’assiette fiscale le permet, car cet endettement se réduira de lui-même avec la croissance.

austérité

Un effet défavorable

En outre, comme l’ouverture internationale et l’austérité sont associées à une inégalité croissante des revenus, cela induit une rétroaction négative. L’augmentation des inégalités engendrées par l’ouverture financière et l’austérité pourrait freiner cette croissance que le néolibéralisme prétend pourtant justement vouloir stimuler. Or il y existe maintenant des preuves solides que l’inégalité peut diminuer à la fois le niveau et la solidité de la croissance, et ce de manière significative (Ostry, Berg et Tsangarides, 2014).

La preuve des dommages économiques créés par l’inégalité suggère que les décideurs politiques devraient être plus ouverts à la redistribution qu’ils ne le sont. Bien sûr, en dehors de la redistribution, les politiques conduites pourraient être conçues pour atténuer certains effets néfastes en amont, grâce par exemple à l’augmentation des dépenses en matière d’éducation et de formation qui augmentent l’égalité des chances par avance certains impacts (on appelle cela des politiques de prédistribution). L’assainissement budgétaire quant à lui, lorsqu’il est nécessaire, pourrait être conçu pour minimiser l’impact négatif sur les revenus les plus faibles. A l’inverse, dans certains cas, les effets inégalitaires indésirables devront être corrigés après leur apparition en utilisant les impôts et les dépenses publiques pour redistribuer la richesse. Par chance, la crainte que de telles politiques puissent nuire elles-mêmes à la croissance est sans fondement (Ostry, 2014).

Trouver l’équilibre

Ce qui précède suggère la nécessité de nuancer les bienfaits du néolibéralisme. Le FMI, qui supervise le système monétaire international, a été à l’avant-garde de ce réexamen. Par exemple, l’ancien chef économiste Olivier Blanchard, a déclaré dès 2010 : «un assainissement et une consolidation budgétaire crédibles à moyen terme sont nécessaires dans de nombreuses économies avancées, mais pas leur étranglement actuel». Trois ans plus tard, la directrice générale du FMI Christine Lagarde, a déclaré que le Congrès américain avait eu raison de relever le plafond de la dette du pays «parce qu’il ne faut pas contracter l’économie en réduisant les dépenses brutalement alors que l’économie se redresse». En 2015 enfin, le FMI a indiqué que les pays de la zone euro «disposant de marges de manœuvre budgétaires devrait les utiliser pour soutenir l’investissement».

L’avis du FMI a également changé sur la libéralisation des capitaux –on est passé d’une hostilité initiale aux contrôles à  une meilleure acceptation des contrôles pour faire face à la volatilité des flux de capitaux-. Le FMI reconnaît que la libéralisation complète des flux de capitaux n’est pas toujours un objectif final approprié, et que la poursuite de la libéralisation n’est bénéfique et peu risquée que si les pays ont atteint certains seuils de développement financier et institutionnel.

L’expérience pionnière du Chili avec le néolibéralisme a reçu des éloges du prix Nobel Milton Friedman, mais de nombreux économistes soutiennent aujourd’hui la vision plus nuancée exprimée par le professeur Joseph Stiglitz (lui-même un prix Nobel), selon laquelle le Chili «est un exemple de succès des marchés combinés avec une réglementation appropriée» (2002). Stiglitz a noté que, dans les premières années de sa marche vers le néolibéralisme, le Chili avait imposé «des contrôles sur les entrées de capitaux , afin de en pas être inondé», comme cela s’est produit une décennie et demie plus tard dans le premier pays de la crise asiatique, la Thaïlande. L’expérience chilienne et d’autres donnent à penser qu’aucun ordre du jour rigide ne fournit de bons résultats en tout temps et en tous lieux. Les décideurs politiques et les institutions qui les conseillent comme le FMI, doivent être guidés non par l’idéologie, mais par les preuves tangibles de ce qui fonctionne réellement.

[ source : FMI – Neoliberalism :  Oversold ? ]

Que va t-on faire aux prochaines présidentielles ? Tous les candidats (ou presque) veulent encore plus d’austérité !

 

Récupérations, Manipulations : Le silence des pantoufles trois ans après…

Lorsqu’on consulte les statistiques du blog de notre café du commerce nous avons parfois quelques surprises. Si la fréquentation est modeste -200 vues en moyenne par jour- l’évolution de la clientèle à l’apéro est toujours en progression – 2012 : 20 415 vues ; 2015 : 76 127 vues –   il arrive parfois que l’audience explose comme cet article sur la dette de mars 2015 qui a été vu plus de 4000 fois le lendemain et encore plus de 2000 fois trois jours après ! Mais il y a un article qui voit une fréquentation régulière depuis plus de 3 ans, il s’agit de « Récupérations, Manipulations, le cas des pantoufles… » .

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Suite au dernier commentaire d’un familier du Comptoir -auteur d’un blog très intéressant- qui vient de découvrir le sujet on aimerait un peu rafraichir son contenu à l’aide de notre réponse. Pour ceux qui auraient raté l’article, le mieux est d’y jeter un oeil grâce au  lien ci-dessus avant de lire le commentaire de l’ami François et notre réponse ci-dessous.

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Campagne Présidentielle Américaine, Trump champion des Tweets…

NEW YORK- A la chandelle, avec une tasse de chaude camomille comme il le fait tous les soirs, le candidat à la présidentielle, Donald Trump se serait retiré dans son bureau ce  jeudi, assis près d’un feu de bois,  avec une plume et de l’encre pour une longue soirée de tweet.

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« Laissez mon dîner devant la porte, j’ai besoin d’être seul avec mes pensées maintenant, » a rappelé Trump  à son maître d’hôtel, en se penchant lentement dans son fauteuil de cuir, pressant un index tendu sous son menton, envisageant tranquillement la composition d’un tweet critiquant la vision économique du pays d’ Hillary Clinton.

Il a ensuite trempé soigneusement sa plume d’oie dans l’encrier sur son bureau et a griffonné un message, avant de secouer brusquement la tête en froissant le morceau de parchemin, et de le jeter à la corbeille . « Non non! – s’est-il écrié – Oh non, ça ne va pas le faire. Le phrasé est faux, tout faux. Réfléchis, Donald, réfléchis! Tu dois parfaitement articuler tes pensées  si tu veux vraiment saisir les éléments les plus déjantés du programme économique d’Hillary Clinton et faire passer dans ton tweet les effets nocifs qu’ils auraient sur la classe ouvrière. « 

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« Désolé les haineux et les losers, mais mon Q.I. est l’un des plus élevés – et vous le savez ! S’il vous plait ne soyez pas stupide ou anxieux, ce n’est pas de votre faute

Après près d’une heure d’une rumination silencieuse, un Trump heureux aurait gratté la phrase « Hillary, l’escroc, sera mauvaise pour l’emploi. Elle n’a aucune idée! Triste! » avant de reposer sa plume, de moucher sa bougie avec un sentiment de paisible contentement pour la soirée.

[ source : The Onion – Politique]

Ça nous promet une campagne présidentielle haletante et instructive…

International : Chez Boeing les Robots travaillent pour leur Propre Compte…

Charleston Nord – Caroline du Sud

Affirmant qu’il avait ressassé depuis un certain temps  un  «petit projet fun», mercredi dernier, un Quadbot Electroimpact (robot industriel) aurait profité de ses périodes d’inactivité après ses heures à l’usine d’assemblage de Boeing,  pour essayer quelques-unes de ses propres créations originales.

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«C’est juste quelque chose que je tiens à bricoler après avoir achevé toutes mes tâches régulières de la journée -de plus, personne ne semble y avoir réfléchi ici- car de toute façon ils avaient l’intention de jeter la plupart des chutes de matériaux que j’utilise », a déclaré le robot de 10 tonnes et à 4 bras, ajoutant que ce temps disponible, sans être dérangé, lui a permis d’expérimenter différentes techniques,  de résoudre des problèmes de conception et de voir plus clairement et de façon plus créative ce qu’il ne pouvait faire pendant les heures ouvrables.

«C’est un bon moyen de se détendre après 19 heures de forage, de soudage et l’insertion d’attaches dans des sections arrière 47 et 48. Une façon non conventionnelle d’approcher mon métier, vous savez? »

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Le Quadbot a ajouté qu’il n’avait rien dit sur le projet à aucun de ses quatre collègues identiques, préférant plutôt les surprendre une fois que le prototype sera entièrement fonctionnel.

[ source : The Onion – Sciences & Technology ]

Les robots bientôt au comptoir ? La question préoccupe nos habitués…

 

International : les nouveautés de Facebook…

De la publication d’articles en instantanées à la vidéo en direct, Facebook continue de rechercher de nouveaux moyens d’élargir la portée de ses offres. Voici quelques projets à court terme du géant des médias sociaux:

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Cliquez pour accéder à la page Facebook du Coin du Comptoir

  • Une initiative mondiale pour fournir un service Internet aux pays ne disposant pas actuellement d’accès aux dernières  nouvelles du mariage de votre copine.

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  • Une lecture automatique des vidéos publiées avec un son (enfin) 250% plus fort pour une meilleure écoute dans les transports en commun.
  • Une mise à jour des options de personnalisation devraient permettre aux régimes autoritaires de choisir le niveau de liberté d’expression qui leur convient le mieux.
  • Une plate-forme de réalité virtuelle permettra aux utilisateurs de faire une expérience plus en profondeur quand ils bloquent les notifications des évènements locaux – dont ils se fichent – que leurs amis postent trop fréquemment sur leur fil d’actualité.

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  • Les utilisateurs devront obligatoirement informer Facebook de toutes les applications tierces qu’ils ont téléchargées de manière à s’assurer qu’elles soient rapidement acquises par Facebook qui les rendra obligatoires et payantes.
  • Facebook va poursuivre la publication de romans dystrophiques  qui traitent de stratégies marketing innovatrices.
  • Un retard probable est prévu pour un nouveau design,  putain frustrant !
  • Un nouveau réglage de la confidentialité à « aucun » par défaut sera imposé prochainement.

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Traduction libre par le staff des traducteurs d’ Au Coin du Comptoir

[ source : the Onion Sciences & Technology ]

Compétitivité : Entreprises, achetez un Patron moins cher…

Comme pour la quadrature du cercle, Au Coin du Comptoir nous n’avons pas réussi à savoir combien vaut un patron et ce, malgré un article très intéressant d’AlterEco. Affolé par l’inflation des salaires, des retraites chapeaux, de primes de bienvenue, des parachutes dorés,  nous nous posons la question de savoir ce qui justifie le rémunérations mirobolantes des grands patrons.

Il est important dès l’introduction de faire la différence entre grands et petits patrons. Si ceux du CAC 40 en 2015 empochent en moyenne 4,2 millions d’euros par an, en augmentation de 14,4%  il est bon de savoir que le patron d’une entreprise de moins de 20 salariés se rémunère en moyenne à 51 000 € et celui d’une PME dont l’effectif se situe entre 20 et 49 salariés à 107 000 € /an.

salaires PME

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Les Militaires Américains présentent des excuses après une Frappe de Drone…

Les Militaires Américains ont présenté des excuses après qu’un drone prévu pour l’attaque d’une base  Yéménite d’ ISIS ait frappé accidentellement un mariage à Palm Beach West

WASHINGTON

-Attribuant l’incident à un malheureux dysfonctionnement technologique, les responsables du Pentagone se sont excusés cette semaine après qu’ une attaque de drone destiné à un bastion d’ ISIS au Yémen ait accidentellement frappé un mariage à West Palm beach, (FLORIDE), tuant 17 personnes.

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« Des informations crédibles à partir d’agents sur le terrain avaient indiqué une cible de grande importance stratégique dans la banlieue sud de Sanaa, mais nos missiles Hellfire ont dévié d’ environ 7700 miles au large de la cible et, malheureusement, ont frappé le mariage Epstein-Miller au Breakers Resort and Spa « ,

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a déclaré le chef d’état-major de la force aérienne des États-Unis, le  général Mark Welsh, qui a ajouté que si l’armée tente toujours de minimiser les dommages collatéraux infligés par des drones, des tragédies domestiques occasionnelles comme celle-ci ne se produisent que de temps en temps, avant de signaler que le Pentagone dédommage généreusement les victimes endeuillées ayant perdu un être cher et pour chaque invité ou participant à la célébration tué.

« Aux familles de Blake et Natalie, vous avez nos plus sincères condoléances pour la perte de tante Jessica, grand-père Pete, et pour les autres parents et amis qui sont morts dans ce terrible accident. Et nous voulons assurer à tous que les États-Unis sont déterminés à reconstruire entièrement la piscine et la salle de bal touchées. « 

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Les opposants à la stratégie militaire américaine ont déclaré, suite à ce dernier incident ayant tué des civils, qu’une grève des drones ne servirait qu’à radicaliser davantage les résidents de la région de Miami-Dade-Broward-Palm Beach  qui sont très opposés au gouvernement des États-Unis.

[ Source : The Onion ]

Verdun 1916 – 2016, le Rap Commémoratif…

La polémique sur la venue de Black M pour un spectacle « jeune » censé commémorer le centenaire de la bataille de Verdun nous a laissé un peu scotchés sur nos tabourets. Comme la prestation de Johnny Hallyday place de la République pour commémorer les attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015, on se demande un peu à quoi pensent les organisateurs de ces évènements. « L’idole des jeunes » pour Charlie, concert pour d’jeuns à Verdun, avec comme prétexte d’attirer l’attention de ces mêmes jeunes sur ces commémorations, est une justification un peu légère.

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On passe sur la récupération des « patriotes » d’extrême droite – les autres (nous) étant à priori des collabos, des déserteurs ou des planqués- qui préfèrent certainement boire une chope de bière écoutant le « Horst Wessel Lied » devisant sur les différentes couleurs de peau plutôt que se trémousser sur du « rap ». Ils ne sont pas à leur coup d’essai. Certains se souviennent certainement du coup de gueule de Bruno Mégret contre le choix de Jessy Norman comme interprète de la Marseillaise lors de la commémoration du 200e anniversaire de la Révolution Française en 1989.

«Le 14 juillet, c’est la fête de la nation française et […] la France n’est pas noire. [Le choix] systématique des figurants noirs [ou le fait que soit] noire la cantatrice pour interpréter la Marseillaise [est la preuve de la] volonté de déracinement ethnique, volonté de métissage culturel […], les Noirs ont rendu le monde plus perméable, [ils ont été] mis à l’honneur (…) comme agents privilégiés du cosmopolitisme.» –

Faut-il rappeler que cette bataille qui a duré du 21 février au 19 décembre 1916 à fait 700 000 victimes, morts, blessés, disparus ? Que le courage, la ténacité et les souffrances des poilus qui n’avaient rien demandé à personne, devaient être le gage d’une  » der des der ». Nos xénophobes d’extrême droite se rappellent-ils que le 24 octobre 1916, le fort de Douaumont  fut repris, par le régiment d’infanterie coloniale du Maroc renforcé de tirailleurs sénégalais et somalis, le 4e régiment mixte de zouaves et tirailleurs et le 321e régiment d’infanterie, unités de la 38e division d’infanterie ? Était-ce déjà le grand remplacement que prophétisent les Camus et autres Brunet ?

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A notre avis, l’erreur de casting des pouvoirs publics  n’est pas dans le choix d’un rappeur controversé pour d’anciens textes homophobes ou antisémites mais dans le choix d’un concert de variété, quel que soit le chanteur, ce qui donne l’impression de n’avoir pas compris ce que représente Verdun dans notre histoire. Un spectacle de variété, même en marge de la commémoration, est surréaliste.

A quand un cracheur de feu pour ranimer la flamme du Soldat Inconnu ?

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