Archives du blog

On devrait remettre l’ostracisme au goût du jour…

Comment va la France ? Ou comment éviter de dire des bêtises…

Certains, grâce à quelques dessins humoristiques (?) quelques caricatures d’hommes politiques (?) quelques illustrations de l’état du pays (?) croient faire de la politique sur les réseaux sociaux, dans des blogs, ou dans leurs commentaires d’articles de journaux dont il n’ont lu que les titres.

medias-tromper

Nous, Au Coin du Comptoir on aime bien les dessins humoristiques, les caricatures et les illustrations mais on n’est pas vraiment sûr que cela fasse avancer la réflexion du lecteur surtout quand ils ne sont pas terribles ou qu’ils ne tournent qu’en dérision le caricaturé sans vraiment aller au fond des problèmes posés. Il est vrai que certains dessinateurs en deux traits expliquent mieux le fond que certains articles dans Le Monde mais que beaucoup de petits trucs bricolés ressemblent plus à un cours de Science-Po synthétisé dans Voici ou Gala.

Lire la suite

Un certain crépuscule de la Démocratie…

 » Crépuscule de la démocratie  » C’est le titre d’un essai de Nicolas Grimaldi en 2014.

Nous, au Coin du Comptoir, vu notre manque de culture,  nous n’avions pas une grande connaissance de ce philosophe, professeur émérite à Paris IV Sorbonne qui tenait les chaires d’histoire de la philosophie moderne et de métaphysique et qui a pourtant beaucoup publié.

Heureusement, l’un de nos habitués qui migrait du sud vers le nord comme le veut la tradition en ce dernier dimanche du mois d’août,  est tombé un peu par hasard sur l’émission  » Le Pouvoir Imaginaire » de Raphaël Enthoven sur France Culture. Vous allez nous dire que par 35°, sur une autoroute  envahie de bronzés tout tristes de reprendre le travail le lendemain, ce n’était peut être pas la meilleure station à écouter pour éviter les bouchons… Mais bon !

grimaldi

C’est le premier extrait de texte de Nicolas Grimaldi,  lu par une jeune femme à la voix un peu naïve, qui a accroché son attention jusque là fixée sur les panneaux bleus de l’ A39. Voici une petite transcription de ce qu’il a entendu.

 » La France a le sommeil agité mais elle dort. Après tant de tribulations, de révolutions, de convulsions, elle n’aspire qu’à se reposer. Qu’elle devrait se réformer si elle voulait survivre, elle le sait mais elle ne le peut plus. Elle rêve de le vouloir mais n’est plus capable d’aucune volonté, alors, par une sorte de réflexe, chaque élection est une occasion de sortir les sortants. Comme elle ne cesse de les sortir, elle fait à chaque fois entrer ceux qu’elle avait auparavant sortis de sorte que les nouveaux entrants sont les anciens sortants ! La vie politique est ainsi devenue une sorte de noria. Aussi impatients que soient les principaux partis de parvenir au pouvoir, il ne leur faut à chaque fois qu’une patience pour le retrouver… »

chaises musicales

Voilà une analyse familière au Coin du Comptoir ! Depuis longtemps nous pensons que finalement les élections sont un jeu de chaises musicales où, régulièrement et alternativement, les mêmes sont soit debout soit assis, toujours cadencés par la même ritournelle. Que des problèmes s’imposent au pays, la musique reste la même, simplement on change le docteur qui ne connait que l’emplâtre sur une jambe de bois. Notre philosophe fait le même constat.

(…) »Que nous vivions un instant critique de la vie démocratique, même les plus optimistes en conviennent aujourd’hui. En 1958 on n’avait guère perdu que la République, en 1968 il n’y avait que l’Université qu’on n’ait fait passer par dessus bord. Depuis, combien de piliers de notre économie n’a-t-on vu s’écrouler ? Il y avait eu en France une industrie sidérurgique, elle a disparu ! Il y avait eu une industrie textile, elle s’est évanouie ! Quoiqu’on eu longtemps pensé que le corps social ne pourrait supporter 500 000 chômeurs, on en est venu à se rappeler avec nostalgie l’époque où il n’y en avait que 3 000 000 . Naguère envié et imité du Monde entier, notre système éducatif s’est effondré. Comme si le nombre des uns était proportionnel à celui des autres, nous n’avons jamais eu autant de bacheliers ni autant d’illettrés. Le pays est si endetté qu’il s’endette chaque jour d’avantage pour rembourser les intérêts de ce qu’il a emprunté. »

abstention-cantonales

Quant à nos représentants, ils vivent sur une autre planète où la préoccupation principale est encore une fois de trouver la chaise libre et de la piquer à son ancien occupant. Que le pays parte en morceaux, peu importe. Les professionnels pour lesquels notre philosophe n’hésite pas à employer le qualificatif de « parasites »  n’ont qu’un problème, comment durer, comment conserver la chaise.

Le lien social s’est tellement effiloché que plus personne ne saurait encore dire ce qui l’unit aux autres. Or si vif, si patent, si insurmontable, nous semble aujourd’hui le hiatus qui s’est creusé entre le corps social et ses mandataires, que la plus élémentaire prudence commande de le résorber. Avant que l’édifice n’achève de se déliter, et quand nous y percevons déjà tant de lézardes, quelque urgence ne nous presse-t-elle pas de l’alléger pour le raffermir et de le restaurer pour le conforter ? A force de multiplier les échelons, les paliers, les étages de la représentation démocratique n’avons nous pas fait de cette représentation une corporation et de ce corps autonome une sorte de parasite ? « 

le-peuple-et-ses-reprc3a9sentants

Nicolas Grimaldi n’est pas décliniste, bien au contraire. Il affirme, contrairement à beaucoup, que, malgré le délabrement de notre démocratie, c’est mieux aujourd’hui qu’hier.

Nous ne laisserons pas dire qu’hier l’air était plus léger, que les jours étaient plus beaux. La meilleure chose que je sache du passé c’est qu’il a fini par passer.

Aussi médiocre que soit le monde où nous vivons, il nous laisse néanmoins vivre sans nous y mêler comme si nous n’en étions pas. En fait de malheurs nos ancêtres en connaissaient donc indubitablement plus long que nous. Non seulement qu’ils y étaient presque partout assujettis à l’impudence de l’arbitraire et à l’impunité du crime, mais il n’y avait jusques aux tâches les plus ordinaires qui ne fussent constamment épuisantes. On naissait, on servait, on s’usait, on mourrait. Les uns naissaient pour être servis et d’autres pour les servir. Vivre alors n’est pas un don, ni moins encore qu’une chance, c’est une fatalité.

présent passe avenir

Quant à notre système politique, là encore notre philosophe est très critique. Pour être candidat ou élu il faut un parti qui, loin de réfléchir aux idées et aux stratégies pour sortir le pays de ses problèmes, n’est que l’arme qui permettra l’élection ou la réélection.

(…) Les Partis sont des entreprises à fabriquer, entretenir, organiser, autant que possible gagner les élections. Ce sont des sortes d’armées en campagne et cela change complètement les mœurs dans leur nature même. » (…) « Jusqu’en 1900 on votait pour qui vous semblait bon. A partir de maintenant qu’il s’agisse de presque toutes les élections soit cantonales, législatives, soit présidentielles, vous n’avez le choix qu’entre les candidats qui ont déjà été choisis par les instances que sont les partis, les organisations industrielles de la politique intérieure. Ce n’est pas moi qui choisis mon candidat. Entre la peste et le choléra je n’ai le choix que d’éviter le pire et c’est chaque fois comme cela !! « 

 » (…) Rarissimes sont les électeurs qui se déterminent par une adhésion à la personne pour laquelle ils votent. La plupart prennent le plus grand soin d’éviter celui qui leur parait un incomparable danger. Ce n’est pas vraiment un choix civique. (…) Aujourd’hui on ne choisit pas, au premier tour vous avez le choix entre des candidats qui ont déjà été préalablement choisis par les instance des partis. »

Nous vous laisserons déguster la totalité de cette conférence – dialogue jubilatoire disponible sur France Culture. Nous, nous en redemandons…

 

 

 

Marre des assistés, profiteurs, fraudeurs…

Ça fait longtemps qu’on le dit, dans la période où l’on est, le  Ministère du Travail, de l’Emploi de la Formation professionnelle et du Dialogue social aurait dû être rebaptisé, Ministère de l’Emploi, du Chômage,… et du Monologue social. Déjà que la Droite enfonçait les assistés, les fraudeurs, les profiteurs sous le règne de l’ex Président, voilà que le ministre -soit disant de Gauche mais ayant adopté le même manuel de dialogue social- relance la stigmatisation des chômeurs en demandant à Pôle Emploi de renforcer les contrôles pour vérifier que les demandeurs d’emploi en recherchent bien un.

berth-offre-emploi

Pendant ce temps là, le 17 septembre, la Cour des Comptes publiait un dernier rapport sur la lutte contre la fraude à la Sécurité Sociale et  déclarait :

Estimé sur le champ des cotisations de sécurité sociale, mais également sur celui de la CSG-CRDS, le manque à gagner, lié à la fraude proprement dite (essentiellement au travail dissimulé) et aux irrégularités (sans intention de fraude) aurait atteint en 2012 entre 16,8 Md€ et 20,8 Md€, contre 6,6 à 11,7 Md€ en 2004, soit un quasi doublement en huit ans.

Quand on sait que cette année le déficit de la Sécurité Sociale devrait dépasser de peu 10 Mds € on se dit que la baisse des recettes des cotisations devrait trouver là de quoi compenser sa diminution.

Lire la suite

Bazar des élections, la Démocratie est-elle foutue ?

Il parait que les électeurs n’élisent plus, d’après ce que nous disent les taux démocratie_1d’abstention. Désamour pour la Politique ? Pour LES politiques ? La conversation d’apéro tourne autour de cette question depuis le premier tour des municipales Au Coin du Comptoir. Le pire et le meilleur des régimes politiques, la démocratie, serait-il  devenu obsolète ? Les citoyens de la Cité en aurait ils marre de la « souveraineté du peuple » ? D’après nos philosophes de comptoir, ce n’est pas la Démocratie qui est en cause mais ce que nous en avons fait depuis le début des Républiques. Un peu d’histoire…

A cette époque, les philosophes des lumières qui devaient trouver un nouveau mode de gouvernance en lieu et place de la royauté choisirent le modèle de la république athénienne. Enfin en gros.  Liberté, Égalité en y ajoutant Fraternité, ils optèrent pour la Démocratie, le gouvernement du peuple, par le peuple pour le peuple comme l’énonçait, pas loin d’un millénaire plus tard que Platon, Abraham Lincoln.

Lire la suite

Le tonnerre de Quimper, la révolte des bonnets rouges…

Une petite brève d’Alternatives Économiques nous a fait réfléchir au Coin du Comptoir : « Agroalimentaire Tempête bretonne ». On a déjà discuté au coin du zinc de l’ Écotaxe et aussi des bonnets rouges histoire de se faire une idée de ces évènements et de cette nouvelle taxe. On a vu que l’affaire ne datait pas d’hier mais à la lecture de l’article d’ Alternatives Économiques on comprend mieux le fond de cette « tempête bretonne ».

alter_eco_couv

La filière agroalimentaire bretonne est sous le choc. Près de 900 emplois sont menacés dans les abattoirs Gad, 1 000 chez Doux (volailles), 185 dans une usine de transformation de poisson de Marine Harvest. Quant à l’abattoir TillySabco, il a été obligé de réduire son activité de 40 % cette année. En cause : la concurrence des abattoirs allemands qui emploient à peu de frais des salariés d’Europe de l’Est ; la pression de la grande distribution qui tire les prix vers le bas ; le choix d’un productivisme low cost ; ou encore la volatilité des cours des matières premières. Dans ce contexte, la colère se cristallise contre l’Etat, accusé notamment de pénaliser la région avec la nouvelle taxe sur les poids lourds, qui doit entrer en vigueur en janvier et concerne beaucoup d’axes de Bretagne, car celle-ci est largement dépourvue d’autoroutes exonérées. Les 15 millions d’euros d’aide aux entreprises débloqués par le gouvernement ne devraient pas suffire à calmer le jeu. 

Là nous voyons vraiment pourquoi les bretons sont en pétard !

Mais où sont les fameux dirigeants de l’agro-industrie payés à hauteur de leurs compétences visionnaires ? Ou sont les syndicats agricoles qui travaillent le terrain en profondeur depuis… toujours ? Ils sont devant le fait accompli et, saisissant le prétexte de cette taxe mal foutue, ils lancent en avant les licenciés, les futurs chômeurs, les éleveurs ruinés, les conditionneurs sans poissons et les victimes collatérales, bonnets rouges sur la tête,  crier des appels au secours à l’état.

Est ce depuis l’annonce de cette Écotaxe qui traine de gouvernement en gouvernement que l’agroalimentaire va mal ? Est-ce depuis cette dernière annonce que les algues vertes pourrissent les côtes de Bretagne, que les porcs ne sont plus rentables, que les restes de volailles  à bas coûts sont subventionnés et ruinent les éleveurs des pays pauvres ? Il faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt. Même nous, nous avons compris qu’il fallait cesser de regarder ces évènements comme des faits divers à rebondissements.

En camouflant la réalité et leur incompétence derrière l’écran de fumée d’une nouvelle taxe (pas encore à payer) les manipulateurs qui ont mis cette région dans la mouise profitent de la colère des victimes pour se dérober à leurs responsabilités. Même Jean Marie Le Pen utilise cette catastrophe régionale pour conforter sa campagne islamophobe en déclarant :

../ « que la chute des ventes de porc était consécutive aux « consignes » données « pour complaire au lobby musulman et au lobby halal ». « Je pense qu’il y a une chute des ventes du porc consécutivement aux consignes qui sont données notamment dans les cantines scolaires où, pour complaire au lobby musulman et au lobby halal, on interdit progressivement, on réduit la consommation du porc » /.  [ Le Point  18 octobre ]

identitaire halal

On pourrait sourire devant une telle connerie et un tel acharnement du président du Front National à jouer sur la xénophobie, la guerre de religion s’il ne s’agissait pas d’emplois et de victimes de l’économie agro-industrielle. Et la récupération va bon train. L’opposition qui a fabriqué entièrement à la main cette affaire Écotaxe prêche la révolte. D’autres brulent des radars pour améliorer l’ambiance, où l’on se demande s’il s’agit de la promotion de l’excès de vitesse (?) ou de la lutte pour conserver des emplois.

radar

Vous en pensez ce que vous voulez, mais nous croyons que ces gens, qui vont devenir des précaires et peut être des « assistés » comme disent les bien pensants (!), valent beaucoup mieux que ça.  A la question d’ Alternatives Économiques  » On fait quoi ? »  nous on répond « pas le grand n’importe quoi »…

Miniver : on vous dévoile tout ce que les médias ne vous disent pas…

Incroyable tout ce que les médias officiels, tous vendus (à qui ?),  nous cachent si l’on en croit la multitude de sites qui  révèlent (enfin !) au citoyen tout sur la politique et le reste. Il y avait déjà des centaines de sites qui tournaient autour du grand complot mondial, des illuminatis, des Francs Maçons, des extra terrestres et autres clubs de maitres du monde. Maintenant les nouveaux sites « indépendants », spécialisés dans la vérité, nous décortiquent le budget, la commission européenne, la vie secrète de nos dirigeants ou prédisent l’invasion de la France par l’Islam, la création de mutants par l’effet du mariage pour tous…

banniere_les_preuves_du_grand_complot_mondial_anime

Voilà que tous ces détecteurs de mensonges se mettent à jouer le « Miniver »

Mais si ! Souvenez vous, le Miniver dans 1984, le roman de Georges Orwell, c’était le Ministère de la vérité, en fait le ministère de la propagande qui réécrivait la vérité en fonction de la situation, des circonstances.

A Droite, c’est haro sur les médias, tous encartés à Gauche, journalistes menteurs, dissimulateurs, tous vos journaux mentent, toutes vos radios mentent (sauf peut être Radio Courtoisie), toutes vos télés vous prennent pour des billes, il ne reste pour s’informer que les nouveaux (ou Novo ? ) ceux qu’on ne connait pas mais qui ne mentent pas. Ceux pour qui il n’est pas la peine de vérifier l’information puisque c’est la vérité. Il faut regarder la Voix de la Russie pour avoir la vraie relation du dernier fait divers du quartier ou la vraie critique du budget de la Culture français !!!

observatoire du mensonge

Lire la suite

Autant le savoir, Aujourd’hui : la théorie du Genre…

Ceux qui fréquentent le Coin du Comptoir le savent, nous ne sommes pas des intellos mais des curieux. Quand nous lisons ou entendons quelque chose que nous ne comprenons pas, quand nous entendons ou lisons quelque chose qui nous intéresse ou nous contrarie, hop, on se documente, on vérifie, on fait un peu fonctionner notre cervelle avant l’apéro, histoire de se faire notre opinion et de ne pas ingurgiter du prêt à penser déjà pré-mâché par on ne sait trop qui.

Lire la suite

Quand on sonde les sondages…

C’est une brève d’ Au Coin du Comptoir.

Dans le genre « mets moi un petit café en vitesse », on vous donne une petite brève de comptoir dans le genre « fact checking » à propos des sondages.

C’est toujours assez facile de faire du fact checking quand il s’agit de chiffres. Ici, en l’occurrence, il s’agit d’un sondage sur les prochaines élections à la mairie de Paris paru dans le Parisien, mais ça marche avec tous les sondages

bataille-de-femmes_640x280

Dans le sondage NKM talonne Hidalgo mais quand on y regarde de plus près, il a été effectué sur 807 personnes dont 757 inscrites sur les listes électorales. A ce niveau, la marge d’erreur est mathématiquement d’au moins 3% .

En y regardant d’encore plus près, on constate que le sondage BVA a été réalisé dans un seul arrondissement de Paris qui en compte 20 !!!

Conclusion ? Méfiez vous des titres, lisez tout. Les commanditaires de ce sondage se sont fait enfler et malgré un titre ronflant, rien n’est gagné.
pour NKM…

Sondage BVA Le Parisien

Récupérations, Manipulations, le cas des pantoufles…

On voit fleurir depuis longtemps sur le Net des textes édifiants, par mail et de plus en plus par les réseaux sociaux, qui font  réagir leurs lecteurs. Tellement édifiants, qu’il ne vient que rarement aux lecteurs d’essayer d’approfondir ou même le luxe d’y réfléchir un peu. Que veut vraiment dire ce texte ? Quelle est son origine ? Est il authentique ? Suis je informé ou manipulé ? …

Au Coin du Comptoir nous avions déjà discuté de ce que nous avions appelé « Les pièges de la lecture superficielle« .  Ces textes, que la plupart transfèrent à tout leur carnet d’adresses d’un simple clic, sans commentaire, ne sont souvent qu’une propagande bien tournée et efficace. (voir cet autre billet sur « la propagande toute pourrie » ) La lettre de l’infirmière déprimée et anonyme, du policier révolté et anonyme, du retraité spolié et anonyme.., qui n’a pas reçu cela par le mail d’une connaissance ou au long du fil d’actualité de Facebook ?

ministère-de-la-propagande

On reçoit également « toutes ces informations que nous cachent les médias » !! Informations invérifiables,  tableaux et graphiques sans sources qui demandent un travail épuisant sur le Net pour les démentir. Tout cela fonctionne allègrement et est rediffusé par tel lecteur qui ne lit que les titres accrocheurs ou tel autre qui avant d’avoir lu le document  avait mis ses neurones en veille histoire de les économiser.

Notre dernière trouvaille consiste en un assez long texte attribué à Martin Niemöller, un pasteur  protestant allemand, résistant au nazisme, rescapé des camps de concentration. Nous reportons ci-dessous l’une des versions, les variantes n’ont subi que des modifications mineures.

Son Titre: Le silence des pantoufles est plus dangereux que le bruit des bottes…

 

Ce texte de Martin Niemöller (1892-1984) Un homme dont la famille faisait partie de l’aristocratie allemande, avant la seconde guerre mondiale, possédait un certain nombre de grandes usines et de propriétés. Quand on lui demandait combien d’allemands étaient de véritables nazis, il faisait une réponse qui peut guider notre attitude au regard du fanatisme. «Peu de gens sont de vrais nazis » disait-il, « mais nombreux sont ceux qui se réjouissent du retour de la fierté allemande, et encore plus nombreux ceux qui sont trop occupés pour y faire attention. J’étais l’un de ceux qui pensaient simplement que les nazis étaient une bande de cinglés.

Aussi la majorité se contenta-t-elle de regarder et de laisser faire. Soudain, avant que nous ayons pu réaliser, ils nous possédaient, nous avions perdu toute liberté de manœuvre et la fin du monde était arrivée. Ma famille perdit tout. Je terminai dans un camp de concentration et les alliés détruisirent mes usines. »

Aujourd’hui, des « experts » et des« têtes bien pensantes », ne cessent de nous répéter que l’Islam est la religion de la paix, et que la vaste majorité des musulmans ne désire que vivre en paix. Bien que cette affirmation gratuite puisse être vraie, elle est totalement infondée.

C’est une baudruche dénuée de sens, destinée à nous réconforter, et, en quelque sorte, à diminuer le spectre du fanatisme qui envahit la Terre au nom de l’Islam. Le fait est que les fanatiques gouvernent l’Islam, actuellement. Ce sont les fanatiques qui paradent.

Ce sont les fanatiques qui financent chacun des cinquante conflits armés de par le monde. Ce sont des fanatiques qui assassinent systématiquement les chrétiens ou des groupes tribaux à travers toute l’Afrique et mettent peu à peu la main sur le continent entier, à travers une vague islamique.  Ce sont les fanatiques qui posent des bombes, décapitent, massacrent ou commettent les crimes d’honneur. Ce sont les fanatiques qui prennent le contrôle des mosquées, l’une après l’autre. Ce sont les fanatiques qui prêchent avec zèle la lapidation et la pendaison des victimes de viol et des homosexuels.

La réalité, brutale et quantifiable, est que la «majorité pacifique », la «majorité silencieuse» y est étrangère et se terre. La Russie communiste était composée de Russes qui voulaient tout simplement vivre en paix, bien que les communistes russes aient été responsables du meurtre d’environ vingt millions de personnes. La majorité pacifique n’était pas concernée. L’immense population chinoise était, elle aussi, pacifique, mais les communistes chinois réussirent à tuer le nombre stupéfiant de soixante-dix millions de personnes. Le japonais moyen, avant la deuxième guerre mondiale, n’était pas un belliciste sadique. Le Japon, cependant, jalonna sa route, à travers l’Asie du sud-est, de meurtres et de carnages dans une orgie de tueries incluant l’abattage systématique de douze millions de civils chinois, tués, pour la plupart, à coups d’épée, de pelle ou de baïonnette.

Et qui peut oublier le Rwanda qui s’effondra dans une boucherie. N’aurait-on pu dire que la majorité des Rwandais était pour « la Paix et l’Amour”. Les leçons de l’Histoire sont souvent incroyablement simples et brutales, cependant, malgré toutes nos facultés de raisonnement, nous passons souvent à côté des choses les plus élémentaires et les moins compliquées: les musulmans pacifiques sont devenus inconséquents par leur silence.

Les musulmans pacifiques deviendront nos ennemis s’ils ne réagissent pas, parce que, comme mon ami allemand, ils s’éveilleront un jour pour constater qu’ils sont la proie des fanatiques et que la fin de leur monde aura commencé.

Les Allemands, les Japonais, les Chinois, les Russes, les Rwandais, les Serbes, les Albanais, les Afghans, les Irakiens, les Palestiniens, les Nigériens, les Algériens, tous amoureux de la Paix, et beaucoup d’autres peuples, sont morts parce que la majorité pacifique n’a pas réagi avant qu’il ne soit trop tard.  Quant à nous, qui contemplons tout cela, nous devons observer le seul groupe important pour notre mode de vie : les fanatiques. Enfin, au risque de choquer ceux qui doutent que le sujet soit sérieux et détruiront simplement ce message, sans le faire suivre, qu’ils sachent qu’ils contribueront à la passivité qui permettra l’expansion du problème. Aussi, détendez-vous un peu et propagez largement ce message!

Espérons que des milliers de personnes, de par le monde, le liront, y réfléchiront et le feront suivre.

«Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste. Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique. Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. »

Texte de Martin Niemöller (1892-1984), pasteur protestant arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.

A la première lecture on peut penser qu’il reflète l’opinion de ce pasteur méritant, toutefois quelques détails sont troublants.

La citation (le silence des pantoufles…) est attribuée à Thierry Van Humbeeck dont nous n’avons pas encore trouvé la biographie .

Dans la biographie du pasteur Martin Niemöller on ne retrouve que le poème cité en conclusion (en gras dans la citation). Tout ce qui est contenu entre l’introduction qui fait parler le Pasteur et cette conclusion n’est pas de l’auteur mais un texte nauséabond qui sent assez fort l’islamophobie. Ce n’est pas pour rien que l’on le trouve sur un grand nombre de sites et de blogs d’extrême droite racistes. Dès le début, la stigmatisation de la religion musulmane et anticommuniste est flagrante.

communistes prop

Le pasteur Niemöler est décédé en en 1984 et à moins de faire tourner les tables il nous semble difficile qu’il ait pu donner son avis sur le génocide du Rwanda,  10 ans plus tard (!),  et de la guerre en Irak 20 ans après (!!).

Le plus étonnant dans cette affaire est que ce texte est récupéré par les contraires. On le trouve sur le site de  « Citoyen et Français« , pas besoin de vous faire un topo  et sur celui de « Tariq Ramadan » dans l’un des commentaires du billet consacré à un message de Maïssa de Gaza !!!!!!!

Notre question est : est ce que les gens lisent vraiment le contenu de la propagande ?

Et si oui : est ce que les lecteurs comprennent ce qu’il lisent ?

%d blogueurs aiment cette page :