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L’Austérité continue, il n’y a pas d’Alternative… Même le FMI dit le contraire !

On nous le dit, on nous le répète depuis des années : « il n’y a pas d’alternative à l’austérité » et pourtant…

Déjà en 2013 la Commission Européenne avait des doutes: « Les effets négatifs des restrictions budgétaires et des hausses d’impôts sur l’emploi et le niveau de vie sont de plus en plus visibles dans certains États membres » disait-elle dans son rapport du 26 mars, et  le commissaire européen chargé des Affaires sociales, Laszlo Andor ajoutait : « La crise sociale que traverse l’Europe continue de s’aggraver. Dans un certain nombre d’États membres, aucun signe d’amélioration tangible n’est en vue. Les personnes les plus pauvres ont très souvent été les plus sévèrement touchées« . Les dépenses de protection sociale baissent plus rapidement que lors des crises économiques précédentes, notait encore le rapport, qui constatait que la proportion des ménages de l’Union faisant état d’une situation de détresse financière restait largement supérieure à ce qui a pu être observé au cours de la précédente décennie. Près d’un ménage à bas revenus sur quatre connaît une telle situation.

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Aujourd’hui c’est le FMI qui s’y met.

Un texte publié dans la Revue du FMI de juin  critique, avec de la modération mais sans ambiguïté, la vigueur et la généralisation des politiques néolibérales -qualifiées comme telles- au niveau mondial, l’instabilité qu’elles provoquent, les inégalités qu’elles génèrent. Ce n’est pas la première fois que des doutes s’expriment depuis le cœur même du réacteur. Et cela n’empêche pas le réacteur de continuer à tourner à fond, emporté par son propre élan.  Il n’y a pas d’alternative, vous disent (presque) tous les candidats à la future présidentielle !!

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C’est ainsi que les Grecs (sur)vivent…

Alors que la énième « réunion de la dernière chance » du 28 avril vient d’être repoussée au 6 mai, on se dit, Au Coin du Comptoir, que le scénario du feuilleton et du même coup la souffrance des grecs devrait faire une pause. Initialement prévu ce jeudi, le rendez-vous avait été annulé mardi en raison des divergences entre l’exécutif grec et le Fonds monétaire international (FMI), qui réclamait des mesures d’économies supplémentaires de la part du pays. Cette décision avait provoqué l’ire d’Athènes.

Avril 2016

Toutes les conditions d’une nouvelle crise sont réunies : des négociations qui traînent en longueur et une échéance de remboursement à la Banque centrale européenne (BCE), en juillet, que la Grèce ne pourra honorer sans sa tranche de prêts supplémentaire… Mi-2015, l’Europe était passée tout près d’un « Grexit », une sortie de la Grèce de la zone euro, pour ces mêmes raisons. Le Monde Article du 28/04/2016
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Août 2015

Un ultime Eurogroupe pour sauver la Grèce ? Vendredi 14 août, les ministres des finances de la zone euro se réunissent pour valider, ou non, le troisième programme d’assistance à Athènes, de près de 85 milliards sur trois ans. L’enjeu est de taille. Et le calendrier serré : le 20 août, le pays doit en effet rembourser 3,5 milliards d’euros à la Banque centrale européenne (BCE). Sans nouvelle aide, il risque de faire défaut. Le Monde Article du 14/08/2015
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Décembre 2014

Les chances de voir la Grèce sortir avant la fin de l’année de la tutelle de ses créanciers internationaux se sont encore amenuisées ces dernières heures. Le Parlement grec a en effet adopté dans la nuit de dimanche à lundi le budget 2015, qui table sur une croissance de 2,9 % l’an prochain avec un déficit public de 0,2 %. Or ce budget ne bénéficie pas de l’aval de la Troïka (FMI, Banque centrale européenne et Union européenne) qui réclament de nouvelles mesures d’austérité. Le Monde Article du 06/12/2014

 

Et pendant ce temps là

Voici ce qu’on pouvait lire fin 2014 sur la situation du peuple Grec

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Le saviez-vous ? Aujourd’hui la dette…

Sept ans après que les financiers nous aient mis dans le pétrin et que la crise économique se soit transformée en crise de la dette, il s’agirait de faire le point sur ce qui a rendu les pauvres plus pauvres et les riches plus riches. Sept ans après la crise financière globale, la dette continue de plomber les économies du monde développé et de menacer les pays émergents

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Le saviez vous ?

La dette globale [secteur financier – gouvernements – entreprises – ménages] s’élevait à 199 000 milliards de dollars [199 000 000 000 000 $] au 2e trimestre 2014   soit 286 % du PIB global.

La dette publique des économies avancées a augmenté de 19 000 Milliards de dollars [19 000 000 000 000 $] en sept ans en passant de 73% à 112% du PIB pour l’ensemble des pays de l’ OCDE.

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Si vous ne comprenez pas ça, vous ne comprendrez pas Syriza…

La campagne de dénigrement avait commencé avant les élections grecques. Les tenants de la Droite libérale qui avaient signé le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) en 1997, le Conseil européen qui l’avait réformé en 2005, les conservateurs de tout poil qui avaient applaudi au PSC renforcé et au « Six Pack » en 2011, les responsables des Etats européens qui ont ratifié le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG), la Gauche « normale » qui a accepté le « Two Pack » qui a suivi, les commentateurs et les « experts » néolibéraux qui ont applaudi à cet empilage de mesures économiques, ceux à qui les mots « Gauche radicale » donnent de l’eczéma, tous avaient prévenu les Grecs -sans beaucoup de respect pour la Démocratie- qu’un vote pour Syriza signifierait crime et châtiment.

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Et bien le peuple grec, comme tout peuple qui se respecte, a envoyé un message très clair à la Troïka et à tous les adeptes de la rigueur, « Allez vous faire voir chez nous » ! Il faut dire les Grecs s’étaient vu trainés dans la boue par nos experts. « Il faut qu’ils nous remboursent », « il faut que chaque Grec paye ses impôts » (Michel Sapin), « les Grecs ont triché, il faut qu’ils payent », « il n’est pas question d’ annuler la dette grecque », « il n’est pas question de transférer le poids de la dette des Grecs vers les contribuables français ou allemands. Il faudra rembourser la dette » (Michel Sapin again), « les Grecs champions de la fraude fiscale », bref une litanie sans fin d’anathèmes sur ce peuple grec qui n’en demandait pas tant.

Au début était la crise économique de 2008-2010

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Quand les gouvernants des pays en crise partagent la même maitresse : Tina

Vous vous rappelez que nous avions fait le buzz en début d’année en révélant le prénom de la nouvelle maitresse de notre Président. Un peu honteusement, – après plus de 700 lecteurs avides Au Coin du Comptoir dans la journée – nous avions exploité cette info teaser à la manière des Closer, Voici ou Gala en lui ajoutant deux autres articles.  Nous avions ainsi expliqué qui était Tina cette nouvelle maitresse du Président et comment celui-ci la partageait au Parlement avec son Premier Ministre.

Si vous avez lu ces trois billets vous vous êtes aperçu qu’il s’agissait de quelque chose de plus sérieux qu’une virée casqué en scooter, allo quoi !

 

Nous reprenons une fois de plus l’affaire  » Tina «  pour compléter les articles précédents par un article d’ Hexagones qui traite du même sujet. C’est notre façon de nous démarquer dans nos discussions d’apéro, des magazines people et des livres à grands succès. Non ! Nous parlerons pas de Nabilla…1525_cotcot

« Sans restructuration de sa dette, la Grèce en a pour 50 ans d’austérité »

Professeur d’économie à Paris 1, ancien député du Parti socialiste au Parlement européen, Liêm Hoang-Ngoc a publié aux Éditions du Croquant « Les mystères de la Troïka ». Il affirme notamment que ce triumvirat, composé de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international n’est pas démocratique.

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Le remède « austérité » : 5 ans après en Grèce…

Le remède « austérité » prescrit par les docteurs de la Commission Européenne, traitement appliqué par l’ancien gouvernement comme par l’actuel en France, semble avoir des effets secondaires qui ne paraissent pas inquiéter les médecins prescripteurs. Il faut dire que s’ils voient des améliorations dans les chiffres inscrist au pied du lit du patient,  le malade grec, lui, souffre de plus en plus.

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Nous avons reproduit ici un très bon article paru dans le « pure player »¹ Hexagones qui ne devrait pas rassurer le patient français sur l’évolution de sa maladie dans les années qui viennent. Au moment où la Commission de Bruxelles nous demande comme aux autres d’accentuer notre effort, nous avons pensé utile de regarder ce que la méthode économique -sans alternative- appliqué depuis plus de 5 ans en Grèce a apporté au premier concerné, le peuple grec.

¹ – Expression popularisée pour désigner les entreprises ou médias œuvrant uniquement sur Internet

      C’est ainsi que les Grecs (sur)vivent…

Après cinq années de crise financière et économique, la Grèce meurt de faim. Le Secours Populaire Français a organisé, il y a quelques semaines, une vaste opération pour apporter 120 tonnes de nourriture.

À l’entrée du stade Glaukos de Patras, des dizaines de Grecs attendent. Derrière l’imposante porte d’entrée du gymnase, la toile de fond est sombre : une friche industrielle. Les mots qui fusent de l’attroupement sonnent clair : « Dites aux Français que nous avons faim ! Que si nous sommes ici, c’est parce que nous avons le ventre vide. Et dites leur merci, aussi ! » 2014… un jour de novembre en Grèce. Pas comme les autres.

Si ces dizaines de Grecs attendent, c’est parce qu’ils ont été sélectionnés par Solidarité populaire, l’association grecque partenaire du Secours populaire français (SPF), pour recevoir des colis de nourriture.

Au total, le SPF a dépêché 5 camions, et 120 tonnes de nourriture pour venir en aide à la population qui crie famine. «La situation de nos amis grecs nous inquiète beaucoup, explique Julien Lauprêtre, le Président du SPF. Ici, je vois la misère, la pauvreté gagner du terrain».

 Que ce soit à Patras, où le SPF passe la troisième journée de sa mission, ou à Athènes, les deux jours précédents, les images se ressemblent : magasins fermés le long des rues, maisons «à vendre» à perte de vue, mendiants aux entrées des métros…

La crise pour tous

«Avant la crise, nous pouvions survivre. Je travaillais dans les champs… Maintenant il n’y a plus de boulot pour nous», témoigne Nikos Cherasiotis. À 44 ans, il n’a pas eu entre ses mains un seul outil depuis 2011. Il vit avec sa femme et leurs quatre filles dans un logement social, mais ne perçoit aucune indemnité chômage –qui n’est versée que pendant une année après la perte d’un emploi salarié-.

Alors, il «reste à la maison. La situation est de pire en pire. Ma femme et moi sommes obligés de faire l’aumône», poursuit-il.  Vous savez, il n’y a même plus de travail sur le port», affirme ce natif de Patras qui se rappelle de l’heure où la ville était un centre de transit important.

Des témoignages comme celui de Nikos se multiplient. Panayotis Panayotopoulos, 39 ans, travaillait lui aussi dans les champs avant de se retrouver au chômage comme sa femme, Catherina Kokoni, âgée de 33 ans. «Est-ce que nous sommes des citoyens de seconde zone ?» demande-t-elle.

 No future

(…) Cette question taraude tous les esprits dans ce pays de 10,8 millions d’habitants où le chômage atteint des records. En juillet 2014, 26,4 % des actifs étaient sans emploi selon Elstat, l’office grec des statistiques. Ce taux s’élevait à 9,6 % en juillet 2009. Aujourd’hui, 50,7 % des 18-25 ans sont au chômage alors qu’il se chiffrait à 26,3 % en décembre 2008, lorsqu’a éclatée la révolte des jeunes, à Athènes. (…)

Réduction de salaires

«Tout le monde est touché par la crise et les politiques menées, explique-t-il. Mon salaire a été baissé de 30 % depuis 2010. Avec les hausses de taxes et l’introduction de nouveaux impôts, j’estime que mon revenu annuel a diminué de 50 %.» «C’est une thérapie de choc qu’a subie le pays», analyse Christos Triantafillou.

Pour ce chercheur à l’Institut du Travail, «la crise de la dette a servi de prétexte pour imposer des politiques drastiques d’austérité budgétaire et de dévaluation interne, insistant exclusivement sur des politiques de l’offre, en sous-estimant le rôle de la demande, de la répartition des revenus et de la justice sociale.»

Dans le cadre des mémorandums signés, depuis 2010, entre les gouvernements grecs, le FMI et l’Union européenne, en échange de prêts pour éviter à la Grèce la faillite, le pays applique des mesures d’ajustement structurel. Le droit du travail a été considérablement assoupli, les licenciements facilités.

Le salaire minimum national a été réduit, passant de 751 euros bruts à 580 euros bruts, et à 510 euros pour les moins de 25 ans. Les revenus réels ont diminué de 30% depuis 2010. La demande s’est tarie. Une spirale infernale s’est installée. Les taxes et impôts, qui ont augmenté, ne rentrent pas dans les caisses de l’État. (…)

Dépression

Selon une étude réalisée par l’Institut universitaire de recherche en santé mentale, une vague de dépression profonde a frappé 12,3% de la population en 2013 ; ce taux était de 3% en 2008(…)

(…)Pourquoi ? «Le taux de chômage des jeunes est extrêmement élevé. La perte de confiance en l’avenir est extrêmement importante. En outre, dans les couples, les conflits se sont multipliés, activés aussi par la peur de ne pouvoir satisfaire ses obligations professionnelles, ou au sein de la famille», explique Lily Peppou, la chercheuse qui a coordonné l’étude. (…)

(…) Début avril 2012, le suicide d’un retraité de 77 ans sur la place Syntagma, devant le Parlement grec, a suscité une vague d’indignation dans tout le pays. Cet ancien pharmacien avait laissé une lettre expliquant qu’il ne voulait pas en être réduit à faire les poubelles pour se nourrir, qu’il avait encore sa dignité à défendre.

Ce cas est loin d’être isolé. Selon Elstat, le taux de suicide en Grèce a augmenté de 26 % en 2011, avec 477 morts comptabilisées. En avril 2014, les chercheurs de l’université de Portsmouth, au Royaume-Uni, indiquaient que chaque réduction de 1% des dépenses publiques en Grèce provoquait une augmentation du taux de suicide de 0,43% chez les hommes. (…)

Garder espoir

Même si le tableau est morose, bien que la pauvreté absolue ait été multipliée par deux entre 2009 et 2011, le nombre de chômeurs de longue durée par cinq entre 2009 et 2013, certains veulent garder espoir.

«Il faut un changement politique. La Grèce n’est pas une exception, ni dans le système européen ni dans le système mondial. Le changement politique devrait permettre de viser le bonheur de l’homme et non celui des marchés financiers», affirme Politis Evangelos. (…)

[ extraits de l’article de Fabien Perrier dans l’édition du 28/11/14 d’ HEXAGONES ]

 

Le Projet de Partenariat Transatlantique : Plus ça va, plus c’est la même chose…

«  Partenariat transatlantique « , « Accord de libre échange Union européenne/États Unis », on en parle de ci de là et dans le fond, on ne nous en parle pas beaucoup. Finalement c’est quoi cette négociation trop discrète ? Un pilier de notre Coin de Comptoir se posait la question de ce projet   l’autre jour et du coup, on a décidé d’en discuter un peu.

Allez, on va faire un peu dans la pédagogie. – Libre échange – c’est quoi en vrai ?

Le libre-échange est un principe visant à favoriser le développement du commerce international en supprimant les barrières douanières tarifaires et non tarifaires et les réglementations nationales susceptibles de restreindre l’importation des biens et des services. Au sens strict, la notion ne s’étend pas aux mouvements de travailleurs ou de capitaux.  [ Wikipédia ]

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L’Islande ne fait rien comme tout le monde… [ brève ]

Nous avions déjà discuté de l’Islande en 2012, racontant la saga des Islandais et  en faisant la promotion du film, Inside Job, qui, retraçant le début et les causes de la crise financière parlait déjà de ce pays aux paysages étonnants ruiné en 2008 par ses banquiers.

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Que s’est il passé ensuite ? 

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Commentaires sur une Lettre ouverte d’économistes à l’Union Européenne… Episode 3

La troisième partie de cette lettre ouverte d’économistes qui critiquent en juin 2010  les orientations des mesures prises pour réduire les déficits des Etats. Les analyses de  ces économistes restent malheureusement toujours d’actualité.

Nous continuons notre traduction (*) de cette lettre d’économistes Italiens  de juin 2010 aux dirigeants européens. Pour ceux qui n’auraient pas pris connaissance de la première partie le lien est là pour cela.

(*) les corrections de lecteurs anglophones sont souhaitée et les bienvenue

Épisode 3

Pour les membres des gouvernements  et les Parlements
Pour les représentants au sein des institutions de l’Union européenne
Pour les représentants des partis politiques et les syndicats
Pour les représentants italiens au sein des institutions de l’Union européenne et le SEBC
Pour les Présidents de la République

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Nous pensons donc que l’approche adoptée jusqu’ici doit d’être abandonnée avant qu’il ne soit trop tard.

Il faut tenir compte du fait qu’ il est probable que pendant longtemps, il n’y aura pas une force qui pourra assurer une forte et stable reprise  pour les entreprises et pour le développement mondial. Pour éviter que la crise ne s’aggrave et pour éviter l’effondrement du projet d’une Europe unifiée, ce qui est  nécessaire, c’est une nouvelle vision et un changement dans les orientations générales de la politique économique. En d’autres termes, l’Europe doit prendre une voie indépendante pour développer ses forces de production, augmenter son bien-être, protéger l’environnement,  et garantir l’équité sociale.

Tout d’abord, pour arriver à maturité dans un débat d’une telle importance, une place doit être donnée au processus démocratique dans les différents pays concernés et dans les institutions politiques. En d’autres terme, on doit y consacrer du temps. C’est pourquoi en étape préliminaire, nous proposons la mise en place immédiate d’une taxe sur la spéculation. Des initiatives coordonnées au niveau national, mais également au niveau européen sont en cours, mais les mesures introduites semblent encore faibles et insuffisantes. Mettre un terme à la spéculation est sans aucun doute possible, mais les incertitudes et l’ambiguïté politique doivent levées. La BCE doit donc s’engager pleinement à l’achat des titres attaqués  et cesser de  » stériliser  » ses interventions. Des taxes adéquates doivent être imposées visant à décourager les transactions financières et de change à court terme, ainsi que des contrôles administratifs sur les mouvements de capitaux. Si les conditions pour prendre des mesures concertées sont introuvables, il serait de loin préférable d’ intervenir au niveau national, avec les méthodes disponibles, plutôt que de retarder les actions ou de ne rien faire du tout. Ce n’est qu’à travers de telles initiatives que les décisions peuvent être prises à temps par les institutions démocratiques, sans lesquelles celles-ci seront soumises à la menace constante des attaques spéculatives .

Depuis cette époque,  en 2010, de timides mesures ont été mises en place en Europe mais elles sont loin d’aller dans le bon sens ou d’avoir eu des effets positifs.

L’expérience du passé nous enseigne que pour lutter efficacement contre la déflation, un plancher salarial doit être imposé, par le salaire minimum, des contraintes sur les licenciements  et de nouvelles règles générales de protection de l’emploi et de processus de syndicalisation. Au stade actuel, l’idée de confier le processus de destruction et de création d’emplois aux seules forces du marché est analytiquement insensée, aussi bien que politiquement irresponsable.

Les grandes entreprises font de plus en plus appel à des cabinets de consultants en management. Il semble que ceux ci n’aient qu’une seule réponse pour la résolution des difficultés ou pour augmenter la fameuse compétitivité, le licenciement !  Le salarié est devenu la principale variable d’ajustement dans cette économie de l’offre. Les autres facteurs, la compétitivité hors coût par exemple, ne semblent plus faire partie de la panoplie de ces experts en général très couteux.

En coordination avec la politique monétaire, nous devons encourager les pays qui ont un excédent de la balance des paiements, en particulier l’Allemagne, à prendre des mesures appropriées pour accroître la demande de manière à déclencher un processus de rééquilibrage vertueux de la balance des paiements monétaire des États membres de l’Union. Les pays «excédentaires» de premier plan ont une grande responsabilité sur ce point. Le sauvetage ou la destruction de l’Union dépendra largement de leurs décisions.

Nous avons besoin d’ un système de taxation progressive coordonnée au niveau européen, ce qui peut aider à inverser la tendance à la disparité des revenus qui ont contribué à l’éclatement de la crise. Nous avons besoin de déplacer les charges fiscales du travail vers les profits du capital et des rentes, les impôts des contribuables vers les fraudeurs fiscaux, les ressources des régions pauvres de l’Union aux pays riches.

Il devrait y avoir une augmentation significative du budget de l’Union et la possibilité d’émettre des obligations européennes. Il devrait y avoir une tentative de coordonner la politique budgétaire et la politique monétaire européenne dans le but d’élaborer un plan de développement visant à atteindre le plein emploi et le rééquilibrage régional non seulement du pouvoir d’achat, mais aussi des capacités de production en Europe. Le plan doit suivre une logique différente de celle,  souvent inefficace, qui régissait  l’aide des fonds européens de développement. Elle doit être fondée tout d’abord sur une production publique de biens collectifs allant du financement d’installations de recherche de l’État pour lutter contre le monopole de la propriété intellectuelle, à la protection de l’environnement, de l’aménagement du territoir, à la mobilité durable, aux soins des individus. Ces  valeurs ne sont pas comprises par la logique limitée du capitaliste privé qui génère inévitablement des défaillances du marché, mais elles sont indispensables pour renforcer les forces de production, garantir l’équité et le progrès social et public.

Il faut réglementer et restreindre l’accès des petits épargnants et des fonds de pension sur le marché financier. Nous devons rétablir le principe de la séparation entre les banques proposant des crédits à court terme ordinaire, et les sociétés de financement qui fonctionnent sur ​​le moyen et long terme.

Pour contrer les stratégies de dumping et « d’exportation de la récession » par les pays non membres de l’U.E., nous devrions envisager un système d’ouverture conditionnelle des marchés, des capitaux et des marchandises. Cette ouverture ne peut être complète que si les politiques salariales et de développement coordonnés sont mises en place.

≈≈≈

Nous sommes bien conscients de la distance existant entre nos recommandations et le déclin actuel épouvantable de l’état de la politique économique européenn .

Nous croyons cependant que la direction de la politique économique actuelle  peut se révéler bientôt intenable. Si les conditions n’existent pas pour la réalisation d’un plan de développement sur ​​la base des objectifs définis, il y aura un risque extrêmement élevé de déflation soutenue par l’endettement et la désintégration conséquente de la zone euro. C’est parce que certains pays pourraient être aspirés dans une spirale infernale, causée par des politiques nationales à courte vue, « l’ austérité  » et la pression de la spéculation qui en résulte. À un certain point ces pays pourraient être contraints de quitter l’union monétaire ou pourraient choisir délibérément de l’abandonner pour essayer de créer leurs propres politiques économiques pour la défense des marchés internes, les revenus et l’emploi. Si les choses se passent effectivement dans ce sens, il est évident qu’ils ne seraient pas nécessairement considérés comme les principaux responsables de la crise de l’Union européenne .

Ces éléments nous font penser que les conditions n’existent plus pour redonner de la vitalité à l’esprit européen en faisant appel seulement à nos idéaux partagés. La vérité est que ce qui est en cours, c’est l’attaque la plus violente et déterminée de l’Europe en tant qu’acteur politique sur les derniers bastions de la sécurité sociale en Europe. Plus que jamais, pour survivre et être revitalisé, l’européisme doit désormais incarner un sens et de réelles opportunités pour un développement économique, social et civil coordonné.

Il est essentiel de commencer une discussion large et ouverte sur les raisons et les responsabilités des graves erreurs commises dans la politique économique, des risques d’une aggravation de la crise que cela comporte  et de la désintégration de la zone euro, de la nécessité urgente pour d’un changement dans la direction de la politique économique européenne.

Si l’espoir de changement dans la politique économique européenne ne devait pas se matérialiser, le chômage va augmenter et la crise de la zone euro va s’aggraver. Dans ce cas, les autorités nationales pourraient être forcées de prendre des décisions autonomes de politique économique afin de soutenir les marchés intérieurs, les revenus et l’emploi.

Vous trouverez à la fin de la lettre originale les signatures des 300 économistes italiens.

Commentaires sur une Lettre ouverte d’économistes à l’Union Européenne… Episode 2

Nous continuons notre traduction (*) de cette lettre d’économistes Italiens  de juin 2010 aux dirigeants européens. Pour ceux qui n’auraient pas pris connaissance de la première partie le lien est là pour cela.

(*) les corrections de lecteurs anglophones sont souhaitée et les bienvenue

Épisode 2

Pour les membres des gouvernements  et les Parlements
Pour les représentants au sein des institutions de l’Union européenne
Pour les représentants des partis politiques et les syndicats
Pour les représentants italiens au sein des institutions de l’Union européenne et le SEBC
Pour les Présidents de la République

…/…

Dans un tel scénario, nous pensons qu’il est inutile d’essayer de s’opposer à la spéculation [sur la sortie éventuelle de la zone Euro ] avec de simples accords de prêt en échange d’une politiques restrictives de la part des pays endettés. Les prêts ne feront en fait simplement que reporter les problèmes sans les résoudre. Et les politiques d’ «austérité» de réduire encore plus la demande, ce qui pousse les salaires vers le bas et donc réduit encore plus la capacité de rembourser les prêts de la part des débiteurs, à la fois publics et privés. Bien que significative, la modification de la politique monétaire par la BCE, qui se dit prête à acheter des obligations d’État sur ​​le marché secondaire, a donné une nouvelle perspective par l’annonce de la volonté de la banque centrale de «stériliser» les opérations de manipulations sur les devises ou au sein du système bancaire qui aurait un effet inverse [ à l’effet recherché ].

      Ici encore, nos économistes insistent sur les effets pervers de la réduction de la demande. Il est toutefois évident que le passage à une économie de la demande ne peut se réaliser d’un claquement de doigts, mais l’instauration d’une politique d’austérité dans un contexte de crise et d’une politique de l’offre ne peut avoir que des effets négatifs. Quant au rachat des obligations au marché secondaire par la BCE, s’il  peut freiner la spéculation, il n’a que peu d’influence sur les taux d’intérêts des emprunts courants des États en difficultés.

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Les erreurs commises le sont sans doute en raison des remèdes récessifs du libéralisme économique proposées par les économistes liés aux régimes d’analyses en vogue dans les années passées, mais qui ne semblent pas capable de saisir les moindres principaux aspects du fonctionnement du système économique.

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