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L’Austérité continue, il n’y a pas d’Alternative… Même le FMI dit le contraire !

On nous le dit, on nous le répète depuis des années : « il n’y a pas d’alternative à l’austérité » et pourtant…

Déjà en 2013 la Commission Européenne avait des doutes: « Les effets négatifs des restrictions budgétaires et des hausses d’impôts sur l’emploi et le niveau de vie sont de plus en plus visibles dans certains États membres » disait-elle dans son rapport du 26 mars, et  le commissaire européen chargé des Affaires sociales, Laszlo Andor ajoutait : « La crise sociale que traverse l’Europe continue de s’aggraver. Dans un certain nombre d’États membres, aucun signe d’amélioration tangible n’est en vue. Les personnes les plus pauvres ont très souvent été les plus sévèrement touchées« . Les dépenses de protection sociale baissent plus rapidement que lors des crises économiques précédentes, notait encore le rapport, qui constatait que la proportion des ménages de l’Union faisant état d’une situation de détresse financière restait largement supérieure à ce qui a pu être observé au cours de la précédente décennie. Près d’un ménage à bas revenus sur quatre connaît une telle situation.

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Aujourd’hui c’est le FMI qui s’y met.

Un texte publié dans la Revue du FMI de juin  critique, avec de la modération mais sans ambiguïté, la vigueur et la généralisation des politiques néolibérales -qualifiées comme telles- au niveau mondial, l’instabilité qu’elles provoquent, les inégalités qu’elles génèrent. Ce n’est pas la première fois que des doutes s’expriment depuis le cœur même du réacteur. Et cela n’empêche pas le réacteur de continuer à tourner à fond, emporté par son propre élan.  Il n’y a pas d’alternative, vous disent (presque) tous les candidats à la future présidentielle !!

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Si vous ne comprenez pas ça, vous ne comprendrez pas Syriza…

La campagne de dénigrement avait commencé avant les élections grecques. Les tenants de la Droite libérale qui avaient signé le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) en 1997, le Conseil européen qui l’avait réformé en 2005, les conservateurs de tout poil qui avaient applaudi au PSC renforcé et au « Six Pack » en 2011, les responsables des Etats européens qui ont ratifié le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG), la Gauche « normale » qui a accepté le « Two Pack » qui a suivi, les commentateurs et les « experts » néolibéraux qui ont applaudi à cet empilage de mesures économiques, ceux à qui les mots « Gauche radicale » donnent de l’eczéma, tous avaient prévenu les Grecs -sans beaucoup de respect pour la Démocratie- qu’un vote pour Syriza signifierait crime et châtiment.

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Et bien le peuple grec, comme tout peuple qui se respecte, a envoyé un message très clair à la Troïka et à tous les adeptes de la rigueur, « Allez vous faire voir chez nous » ! Il faut dire les Grecs s’étaient vu trainés dans la boue par nos experts. « Il faut qu’ils nous remboursent », « il faut que chaque Grec paye ses impôts » (Michel Sapin), « les Grecs ont triché, il faut qu’ils payent », « il n’est pas question d’ annuler la dette grecque », « il n’est pas question de transférer le poids de la dette des Grecs vers les contribuables français ou allemands. Il faudra rembourser la dette » (Michel Sapin again), « les Grecs champions de la fraude fiscale », bref une litanie sans fin d’anathèmes sur ce peuple grec qui n’en demandait pas tant.

Au début était la crise économique de 2008-2010

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Avis, Opinions : Vive la Banqueroute… (Frédéric Lordon)

Pour quelques habitués du Coin du Comptoir, qui demandent régulièrement du grain à moudre pour alimenter leur réflexion personnelle, (eh oui ! il y a des gens qui réfléchissent par eux mêmes, comme ceux qui cuisinent pour éviter la bouffe prédigérée ) nous allons essayer de mettre régulièrement en ligne, des éléments de réflexion liés aux préoccupations du moment.

Les lecteurs réguliers savent que depuis la Crise nous avons les yeux fixés sur le front économique. Front économique parce qu’il nous semble que depuis 2008 le Monde est en guerre et que nos dirigeants ne semblent plus avoir de stratégie pour faire gagner la Politique et le Social face au Marché.

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L’entretien que nous proposons est un magnifique résumé de la problématique politico-économique qui se pose à nos dirigeants actuels. C’est aussi une réponse à ceux qui se sont posé la question, comme nous l’avons fait plusieurs fois autour du zinc, de savoir pourquoi 30 glorieuses et pourquoi 30 merdiques !

Ceux qui auront le courage de regarder et d’écouter cette petite demi-heure d’entretien avec Frédéric Lordon seront, c’est notre avis ici, plus au clair avec les vrais problèmes du moment et leurs implications dans notre vie de tout les jours. Vous ne regretterez pas ce visionnage. Même si vous ne partagez pas ces opinions cela vous donnera la possibilité de réfléchir à vos arguments opposés.

La question posée dans cet entretien :

François Ruffin : Quand on écoute la radio, la télé, on entend en permanence qu’ « il n’y pas d’alternative au désendettement de l’État », qu’il n’y a qu’un seul remède c’est l’austérité. Donc nous, on a regardé dans notre histoire de France, et on a repéré plein d’autres solutions : des « taxes sur les aisés », la confiscation, la dévaluation, l’inflation… Et surtout, une mesure qui revient régulièrement : la banqueroute. Alors, on le précise tout de suite : cette banqueroute est toujours partielle, sur un type d’actifs, auprès d’un genre de créanciers, à hauteur d’un certain pourcentage. Ce n’est pas l’État qui ferait faillite, purement et simplement.
Est-ce que cette pratique, la banqueroute, te paraît appartenir au passé, à ranger dans un musée, ou est-ce que ça demeure une piste pertinente ? »

 La réponse de Frédéric Lordon :

Austérité, rigueur, dette publique et politique…

Au Coin du Comptoir on glane des trucs ici et là mais souvent il s’agit de remâché de synthèses « d’experts » résumées dans quelques articles de pages économiques. Aujourd’hui on pompe les sources officielles. Même si on en comprend pas tout, c’est assez édifiant pour que l’on puisse se faire notre opinion sur la façon dont on est en train d’être mangé.

Le souci de tous les jours est : comment faire des économies pour réduire la dette et où trouver l’argent pour le faire. La question qu’on se pose est pourquoi, tous les états et donc tous les citoyens,  y sont contraints ?

Pour sauver le système financier, celui qui a fait des bêtises mais que nous devons préserver, faute de quoi c’est la fin du monde, tout du moins de l’Europe.

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Ok, mais ça va couter combien ?

L’Europe nous a dit combien ça a déjà couté :

« Bruxelles, 6 juin 2012

De nouvelles mesures de gestion des crises pour éviter d’avoir à renflouer les banques à l’avenir

La crise financière a montré combien les pouvoirs publics étaient mal équipés pour faire face aux difficultés de banques actives sur les marchés internationaux. Afin d’assurer la continuité de services financiers essentiels pour les citoyens et les entreprises, les États ont été contraints d’injecter des fonds publics dans les banques et de leur accorder des garanties pour un montant sans précédent: entre octobre 2008 et octobre 2011, la Commission européenne a approuvé environ 4 500 milliards d’euros d’aides d’État en faveur des établissements financiers, ce qui équivaut à 37 % du PIB de l’UE1. Si elles ont permis d’éviter des faillites bancaires et une désorganisation économique à grande échelle, ces mesures ont pesé sur le contribuable et grevé lourdement les finances publiques, sans régler la question de savoir comment gérer les grandes banques transfrontières en difficulté.

Les propositions que la Commission européenne a adoptées aujourd’hui, qui prévoient des règles européennes en matière de redressement et de résolution bancaires, changeront la donne. Elles donneront aux autorités compétentes les moyens d’intervenir de manière décisive, à la fois avant que les difficultés n’apparaissent et dès le début du processus si elles surviennent néanmoins. En outre, si la situation financière d’une banque devait se détériorer de manière irrémédiable, la proposition prévoit que ses fonctions critiques pourront être préservées, et qu’il reviendra aux propriétaires et aux créanciers de la banque d’assumer les coûts de sa restructuration et de sa résolution, et non au contribuable.

M. Barroso, président de la Commission européenne, a déclaré: «L’Union européenne respecte pleinement les engagements pris au G-20. À deux semaines du sommet de Los Cabos, la Commission présente une proposition qui aidera à protéger nos contribuables et nos économies des conséquences d’éventuelles défaillances bancaires futures. La proposition présentée aujourd’hui est un pas important en direction d’une union bancaire dans l’UE et elle responsabilisera le secteur bancaire. Elle contribuera à renforcer la stabilité et la confiance dans l’Union, et s’inscrit dans le processus en cours de renforcement et d’intégration de nos économies interdépendantes.»

M. Michel Barnier, commissaire européen chargé du marché intérieur, a déclaré: «La crise financière a coûté très cher au contribuable. La proposition présentée aujourd’hui est l’ultime mesure visant à répondre aux engagements que nous avons pris au G-20 en faveur d’une meilleure réglementation financière. Nous devons doter nos pouvoirs publics d’instruments qui leur permettent de réagir de manière appropriée aux futures crises bancaires. Sinon, les citoyens paieront à nouveau la facture, tandis que les banques continueront à agir comme avant, en sachant qu’elles seront à nouveau renflouées si nécessaire.»

Voilà, en octobre 2011 ça avait couté 4 500 milliards d’euros, 38 % du PIB de l’Union Européenne !

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Et pourquoi ?

C’est dans le titre : « De nouvelles mesures de gestion des crises pour éviter d’avoir à renflouer les banques à l’avenir »

Au moins là on sait pourquoi on rame…

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