Quand les gouvernants des pays en crise partagent la même maitresse : Tina


Vous vous rappelez que nous avions fait le buzz en début d’année en révélant le prénom de la nouvelle maitresse de notre Président. Un peu honteusement, – après plus de 700 lecteurs avides Au Coin du Comptoir dans la journée – nous avions exploité cette info teaser à la manière des Closer, Voici ou Gala en lui ajoutant deux autres articles.  Nous avions ainsi expliqué qui était Tina cette nouvelle maitresse du Président et comment celui-ci la partageait au Parlement avec son Premier Ministre.

Si vous avez lu ces trois billets vous vous êtes aperçu qu’il s’agissait de quelque chose de plus sérieux qu’une virée casqué en scooter, allo quoi !

 

Nous reprenons une fois de plus l’affaire  » Tina «  pour compléter les articles précédents par un article d’ Hexagones qui traite du même sujet. C’est notre façon de nous démarquer dans nos discussions d’apéro, des magazines people et des livres à grands succès. Non ! Nous parlerons pas de Nabilla…1525_cotcot

« Sans restructuration de sa dette, la Grèce en a pour 50 ans d’austérité »

Professeur d’économie à Paris 1, ancien député du Parti socialiste au Parlement européen, Liêm Hoang-Ngoc a publié aux Éditions du Croquant « Les mystères de la Troïka ». Il affirme notamment que ce triumvirat, composé de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international n’est pas démocratique.

Hexagones : Lorsque vous étiez député européen, vous avez mené une enquête sur les politiques de la Troïka. Que révèle-t-elle?

Liêm Hoang-Ngoc : Tout d’abord que la Troïka souffre d’un déficit démocratique. À de nombreux égards, la Commission et la Banque centrale ont outrepassé les prérogatives qui leur sont attribuées par le traité de fonctionnement de l’Union européenne. La Commission n’a pas toujours été gardienne des acquis communautaires. Pour preuve en Grèce, où la Charte des droits fondamentaux n’est pas respectée ; 30 % de la population n’a plus accès aux soins. La Banque Centrale a contribué à concevoir des politiques budgétaires, ce qui n’est pas non plus dans ses attributions. Elle est même allée jusqu’à donner son avis sur les politiques structurelles à mener. Son action a été l’objet de nombreux conflits d’intérêts puisque systématiquement elle s’est placée du côté des intérêts des grandes banques. Sous son influence, les contribuables irlandais ont payé la facture du plan de sauvetage des banques irlandaises.

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En outre, ces institutions ont régulièrement été en désaccord avec le FMI qui est intervenu de plein droit en Europe, car les quatre États qui ont demandé de l’aide sont adhérents au FMI. Malheureusement, ces désaccords internes à la Troïka n’ont été transmis dans aucune instance démocratique. En ce qui concerne la dette grecque, le FMI était favorable à une restructuration immédiate de la dette, la Commission et la Banque centrale y étaient opposées. Les différends ont été tranchés au sein de l’Eurogroupe, une institution informelle. Quant au Parlement européen, il n’a jamais été consulté sur les mémorandums conçus par la Troïka et imposés aux états membres. En outre, le contenu même des mémorandums prête à débat comme le prouvent les résultats catastrophiques auxquels ils ont abouti. Le taux d’endettement des quatre pays, loin de se résorber, a explosé et est bien supérieur à ce qu’il était avant l’assistance financière. Aujourd’hui le taux d’endettement grec explose au-dessus de 175% alors qu’avant le 1er plan il était de 129%. Plus que jamais, la dette grecque doit être restructurée sinon, la Grèce en a pour 50 ans d’austérité.

Vous parlez d’un problème de légitimité démocratique. Pourtant, le 1er mémorandum est signé par un gouvernement élu…

C’est l’argument de la Commission européenne que de dire il n’y a pas de problème de démocratie, car les parlements nationaux ont été consultés. Ce n’est pas vrai. Au Portugal, le parlement n’a pas été consulté. Deuxièmement, la conception des mémorandums s’est faite au niveau de la troïka et de l’Eurogroupe. Les mémorandums auraient dû faire l’objet d’une délibération démocratique. Le vrai principe démocratique, c’est à chaque niveau de décision son contrepoids démocratique. Le contrepoids démocratique au niveau européen n’a jamais eu lieu.

RAP 5471

Les gouvernements avaient-ils imaginé les conséquences de l’application des mémorandums ?

Oui. J’ai rencontré beaucoup de membres des gouvernements. Ainsi, au Portugal, José Socrates nous a expliqué avoir tout fait pour atténuer l’ampleur des plans d’austérité, mais José Manuel Barroso, le Président de la Commission, par ailleurs portugais, s’est lui-même impliqué pour durcir le plan qu’appliquera ensuite Pedro Passos Coelho, le 1er ministre soutenu par Barroso lui-même. En Grèce, Giorgos Papandreou a bien conscience de l’impact des coupes budgétaires et des baisses de salaire qu’il a imposées ; c’est pourquoi il a voulu organiser un référendum en novembre 2011, pour obtenir la légitimité par la population.

Pourquoi n’a-t-on pas voulu restructurer la dette grecque immédiatement ? Les banques françaises et allemandes étaient-elles trop exposées ?

En 2009, selon la Banque des règlements internationaux, la zone euro dans son ensemble était exposée en Grèce à hauteur de 142 milliards d’euros. La France était le pays le plus exposé (57 milliards), suivi de l’Allemagne (34 milliards) et du Royaume-Uni (8 milliards). Manifestement des pressions ont été faites sur les gouvernements pour qu’il n’y ait pas de restructuration. Au sein de l’Eurogroupe, ils ont donc rejeté cette idée. Qui dit restructuration dit que les banques prennent leurs pertes. Ici, il a été fait en sorte que les banques ne prennent pas leurs pertes et que ce soit les citoyens qui paient par des coupes budgétaires et des hausses d’impôts pour financer le remboursement des aides octroyées pour sauver les banques.

[ extraits de l’article de Fabien Perrier dans l’édition du 28/11/14 d’ HEXAGONES ]

Vous voyez que nous n’abusons pas des scoops qui pourraient faire riche en deux ou trois clics…

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Ah au fait ! Pour ceux qui auraient zappé les épisodes précédents, TINA est l’acronyme qui a résumé la pensée thatcherienne :  » There Is No Alternative « , il n’y a pas d’alternative [à la politique économique suivie].

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 30/11/2014, dans économie, politique, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

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