Quand un manager de Hedge Fund plaide en 2012 pour la politique économique de Roosevelt


Ce billet est la traduction artisanale d’un article paru dans US News. Cet article serait banal si ce n’était le responsable New-yorkais d’un Hedge Fund [ fond d’investissement –  fond de gestion alternative ]. Dans cet article de 2012, il réclame à grands cris le rétablissement du «  Glass-Steagall-Act  » ,  l’acte qui, en 1933, instaurait sous la présidence de Roosevelt la séparation des activités bancaires en banques de dépôts et banques d’investissements.

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L’ abrogation de la loi Glass-Steagall a causé la crise financière

James Rickards (Août 2012 dans US NEWS & World Report )
James Rickards est un gestionnaire de Hedge Fund à New York et auteur de « Currencys Wars: The Making of the Global Crisis « 
L’abrogation de la loi de séparation des banques commerciales et d’investissements a provoqué la crise financière de 2008.

L‘une des techniques la plus ancienne de la propagande est de répéter un mensonge avec insistance jusqu’à ce qu’il devienne la vérité. C’est ce qui se passe en ce moment en ce qui concerne les banques et la crise financière. Les grands apologistes bancaires et les analystes qui devraient être les mieux au fait répètent le mensonge, que l’abrogation du Glass-Steagall Act n’a rien à voir avec la panique de 2008.


En fait, la crise financière aurait pu être évitée, s’il n’y avait eu l’abrogation de la loi Glass-Steagall en 1999 qui séparait les banques commerciales et d’investissement depuis sept décennies. S’il y a un espoir d’éviter une autre crise, il est essentiel de comprendre pourquoi l’ abrogation du Glass-Steagall Act a contribué à provoquer la crise. Sans un retour à quelque chose comme cette mesure économique, une autre grande catastrophe n’est  qu’une question de temps.

L‘histoire est un bon point de départ. Après la crise de 1920-1921, les États-Unis se sont engagés dans une période de prospérité économique connue sous le nom d’années folles. Ce fut une période d’innovation, en particulier dans les biens de consommation tels que les automobiles, la radio et les réfrigérateurs, etc.. En plus de ces produits sont arrivées de nouvelles formes de crédit à la consommation et une expansion bancaire. La National City Bank (ancêtre de la Citibank d’aujourd’hui) et la Chase Bank ont ouvert des bureaux pour vendre côte-à-côte des titres et des produits bancaires traditionnels et faire des dépôts et des prêts.

Au cours de cette décennie [les années 20] le marché boursier a explosé au delà du raisonnable pour finir par provoquer une bulle [financière]. Avec cette bulle sont venues des manipulations de marché sous la forme de pools organisés qui ont fait grimper le prix des actions et les ont déversés sur des gogos sans méfiance juste avant que la bourse s’effondre. Les banques ont rejoint ces sociétés de holding qui ont mis à profit des systèmes pyramidaux offrant des actions et autres titres adossés à des actifs douteux.

En 1929, la musique s’est arrêtée, le marché boursier s’est effondré et la Grande Dépression a commencé. Cela a duré huit ans du début du boum financier à l’effondrement. Des enquêtes ultérieures ont révélé l’ampleur de la fraude qui a précédé l’accident. En 1933, le Congrès a adopté le Glass-Steagall Act en réponse aux abus. Les banques seraient autorisées à recevoir des dépôts et des prêts. Les Courtiers seraient autorisés à souscrire ou vendre des titres. Mais aucune entreprise ne pourrait faire les deux en raison des conflits d’intérêt et des risques pour les dépôts. De 1933 à 1999, il y a eu très peu de faillites bancaires et peu de paniques financières comparables celle de 2008, la loi avait fonctionné exactement comme prévu.

En 1999, les démocrates menés par le président Bill Clinton et les républicains menés par le sénateur Phil Gramm ont uni leurs forces pour abroger le Glass-Steagall Act à la demande des grandes banques. Ce qui est arrivé au cours des huit années suivantes était la reprise presque exacte du scénario des années folles. Une fois de plus, les banques fournissaient des prêts frauduleux et une fois encore elles les ont vendus à leurs clients sous la forme de titres. La bulle a atteint un sommet en 2007 et s’est effondrée en 2008. Le savoir chèrement acquis en 1933 a été perdu dans l’arrogance de l’année 1999.

Les attaques des partisans de la banque de ce récit clair comme de l’eau de source mériteraient une audience [judiciaire] pour montrer combien leurs arguments sont fragiles. Un partisan de la banque vous dira qu’on ne peut pas blâmer les banques pour les montages de prêts frauduleux, car ils ont été faits par des courtiers en prêts hypothécaires sans scrupules. Cela n’a aucun sens. Les courtiers n’auraient pas été en mesure de financer ces prêts si les banques n’avaient pas acheté leurs productions.

Un autre explication donnée dit qu’aucune grande banque n’a fait faillite dans la crise ce qui prouve qu’elles ne sont pas la cause du problème. C’est tout aussi ridicule. La raison pour laquelle les grandes banques n’ont pas fait faillite est qu’elles ont été renflouées par les gouvernements. Il est clair que seules, les banques auraient échoué dans leurs opérations de sauvetage. Les bilans des banques sont pleins de prêts pourris et de lignes cachées de valeurs domiciliaires de crédit. Le fait que les banques n’ont pas failli ne prouve rien, sauf qu’elles étaient trop grandes pour faire faillite.

Pourtant, un autre porte-parole de la banque, affirme que de grosses institutions non bancaires tels que Lehman et Bear Stearns étaient les plus à blâmer dans la crise. C’est ignorer le fait que les institutions non bancaires obtiennent leur financement des banques sous forme de prêts hypothécaires, de conventions de rachat et de lignes de crédit. Sans les grandes banques, les institutions non bancaires n’auraient pas été en mesure de mobiliser l’octroi de crédits faciles sur de mauvaises garanties comme des produits structurés.

Il est vrai que la crise financière a assez de reproches à se faire. Les emprunteurs étaient téméraires, les courtiers étaient avides, les agences de notation ont été négligentes, les clients étaient naïfs, et le gouvernement a encouragé le fiasco avec des objectifs de logement irréalistes et des lignes de crédit illimitée à Fannie Mae et Freddie Mac.

Pourtant, le fait qu’il y avait tant d’acteurs à blâmer ne doit pas être utilisé pour détourner le blâme des plus responsables de tout, les grandes banques. Sans les banques assurant le financement des courtiers en prêts hypothécaires et Wall Street et la souscription de leurs propres émissions de titres toxiques, le schéma de la pyramide entière n’aurait jamais vu le jour.

C‘était le Glass-Steagall Act qui empêchait les banques d’utiliser les dépôts garantis, de souscrire des titres privés et de les déverser sur leurs propres clients. Cette capacité ainsi que le financement fourni à tous les autres spéculateurs était ce qui maintenait la bulle en marche depuis longtemps.

Maintenant que les souvenirs sont frais, [de la crise de 2008 ] il est temps de rétablir Glass-Steagall pour éviter un troisième cycle de fraude sur les clients.

Sans la séparation de la banque de dépôts et d’affaires, c’est juste une question de temps avant que les banques reprennent leur pratique bien rodée des prêts pourris en les faisant avaler à leurs clients. Le Congrès avait la réponse en 1933, le Congrès a perdu son chemin en 1999, c’est maintenant la chance de revenir à cette époque.

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 18/09/2014, dans économie, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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