Les  » frondeurs  » de l’UMP à la soupe…


Après la défaite à la présidentielle, l’élection douteuse de J-F Copé à la présidence de l’UMP, l’affaire Bygmalion, la dette du parti, beaucoup d’anciens  » amis  » de l’ex président s’étaient senti pousser des ailes pour une refonte de l’UMP et la prise en main de l’outil électoral indispensable à la revanche de 2017.

Comme nous l’apprend le Canard Enchainé de cette semaine, – merci le volatile –  un virage à 180° s’est amorcé dès que le retour de Sarkozy, qu’ils croyaient enterré, s’est avéré de plus en plus probable. Les sondages aidant, le « comeback  » prévu de l’ex a modifié les discours des Fillionistes, des Copéistes et autres partisans du droit d’inventaire. La menace d’excommunication et l’accusation de lèse-majesté aidant, ils prennent le contre-pied de ce qu’ils affirmaient la veille. Quelques exemples et morceaux choisis.

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Le motard de la Cote d’Azur, Christian Estrosi candidat aux primaires pour la  présidentielle  de 2017 déclarait :

Le 13 juin 2014 dans Le Monde

Oui, je suis prêt à aller jusqu’au bout, sauf si Nicolas Sarkozy remplit deux conditions. S’il est candidat à la présidence de l’UMP, cela voudrait dire qu’il serait candidat à l’Elysée. Dans ce cas, vu notre longue amitié et ma loyauté à son égard, la logique serait que je le soutienne. Mais je me déterminerai aussi en fonction de ce qu’il proposera pour le pays et verrai si ses propositions sont compatibles avec mes convictions.

Oui, il est important qu’il fasse connaître ses intentions dans les semaines qui viennent. On ne va pas passer trois ans à se demander ce qu’il va faire. Il faut qu’on puisse enfin avancer.

Le 28 juin 2014 dans Nice Matin repris par le Huffington Post

Christian Estrosi, candidat à la primaire UMP pour 2017, se défend dans Nice Matin d’être un « Sarko béat ». Commentant le bilan de son ancien mentor, il assène: « des promesses ont été oubliées. On n’a pas pris les mesures révolutionnaires pour que la France du numérique gagne sur la France des privilèges, que la France du travail gagne sur celle de l’assistanat, que la France des PME gagne sur la France du CAC 40 ».

Alors qu’il avait assuré qu’il retirerait sa candidature à la primaire si Nicolas Sarkozy se présentait, Christian Estrosi n’en est plus aussi certain. « S’il (Sarkozy) se retrouve à 100% sur ces positions, je me retirerai. Mais je n’ai pas le sentiment, lorsque j’entends quelques-uns de ses commentaires, qu’il soit déterminé à laisser de côté le mode de gouvernance qui était le sien », affirme le maire de Nice.

Estrosi-motoCoul

Et vlan, au campus des Jeunes Populaires le 7 septembre, devant une audience clairsemée…

« Il ne m’appartient pas de dire ce qu’il décidera » mais « ce matin, j’appelle ici, à Nice, Nicolas Sarkozy pour qu’il reprenne la direction de notre mouvement. Je serai à ses côtés parce que j’ai la conviction qu’il peut mieux que quiconque incarner nos idées et finalement les faire triompher », a affirmé M. Estrosi, un fidèle de longue date de l’ancien président. [ Le Figaro du 7/9/2014 ]

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C’est beau les convictions politiques ! Mais il n’est pas le seul à faire pouffer les habitués du Coin du Comptoir. Laurent Wauquiez, celui qui luttait contre les « assistés » déclarait :

Dans Sud Ouest du 06 décembre 2013

J’ai beaucoup de respect pour Nicolas Sarkozy, il y a beaucoup de choses qu’il a réussies, et d’autres non. Et je me l’applique à moi-même. Mais je suis convaincu que 2017 ne peut être la revanche de 2012. On ne peut revenir au pouvoir pour refaire la même chose. Ce n’est pas tant une question de personnes, mais de contenu, de ce que l’on propose.

Retournement dans Le Monde du 10 septembre

« Notre parti a besoin d’un leader. Je souhaite la candidature de Nicolas Sarkozy : son autorité et son énergie apporteront le nouvel élan dont on a besoin avec un cap clair », déclare l’ancien ministre. « Dans un débat politique sclérosé, on a besoin d’idées nouvelles. La capacité de Nicolas Sarkozy à secouer les tabous est un atout fort »

« Je garde mon estime pour François Fillon, mais j’ai pensé que son affrontement avec Jean-François Copé nous tirait vers le bas. Après deux ans de crise, l’UMP a besoin d’un nouveau départ avec un rassemblement large autour de Nicolas Sarkozy pour réussir. Je fais partie de cette nouvelle génération déterminée à porter un projet complet de refondation. »

Le gentil Xavier Bertrand, lui aussi candidat à la primaire de l’UMP, disait au JDD le 22 juin

Tout le monde peut constater qu’il n’y a pas d’homme providentiel aujourd’hui à droite. Personne n’est incontestable. Il faut donc que notre famille politique évolue et épouse une certaine modernité dans le choix de ceux qui doivent porter un projet pour la France.

Sarkozy veut « tout changer ». Est-ce crédible après cinq ans à la tête de la France?
Lui ne changera donc jamais! Tout changer, la rupture, c’était déjà la promesse de 2007. Et c’est parce que cette promesse n’a pas été tenue que nous avons perdu en 2012.

la politique menée par Nicolas Sarkozy à l’Elysée « n’a pas été à la hauteur de l’exigence de vérité et de résultat »

Mais le 17 août dans Corse Matin le ton avait changé

Il semble qu’entre lui et vous la rupture soit consommée…
Quelle rupture ? Je n’ai aucun adversaire au sein de ma famille politique. Le seul à qui je m’oppose, c’est François Hollande.

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Et il y a tous les autres.

NKM  qui n’avait pas été tendre sur la dérive droitière de la campagne de Nicolas Sarkozy – Pendant la présidentielle 2012, NKM avait regretté après la défaite, la dérive droitière de la campagne et l’avait attribuée à l’influence de Patrick Buisson, qu’elle avait accusé d’avoir voulu «faire gagner Charles Maurras» plutôt que le chef de l’Etat sortant. – et sur la fameuse Droite Forte – «Peltier, c’est le Buisson qui cache la forêt.» – et la voilà qui frétille aujourd’hui sur RTL,   » Quand on est à la guerre, on a besoin d’un général, et Nicolas Sarkozy peut être cette incarnation forte de l’opposition dont on a besoin « 

Le prix du soutien le plus surprenant revient à Dominique de Villepin comme l’indique Le Monde du 17 septembre . Celui qui avait failli finir sur un croc de boucher après 15 ans de guerre larvée et qui jugeait fin 2010 que M. Sarkozy était « un des problèmes de la France »  nous annonce que : «Nicolas Sarkozy a changé. Il a tiré les leçons de l’expérience du pouvoir » .

Nous, Au Coin du Comptoir, on se demande où sont les projets là dedans, les idées pour cette période de crise ? Nicolas Sarkozy et les tourneurs de veste pour quoi faire ?  Si c’est pour faire la même chose que de 2007 à 2012, ce n’est pas la peine, le gouvernement socialiste s’en charge ! Il nous semble que cette dépense d’énergie pour la (re) prise du pouvoir serait mieux employée à travailler sur quelques idées nouvelles pour nous sortir de la mouise en arrêtant de nous répéter qu’il n’y a pas d’alternative à celle que l’on suit depuis 2007…

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 17/09/2014, dans politique, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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