La Mondialisation, la Crise, la compétitivité France vs Allemagne


Depuis l’annonce d’un nouveau pacte, – le pacte de responsabilité – c’est reparti on ne parle plus que de compétitivité ! Au Coin du Comptoir on avait déjà longuement discuté de cette fameuse medef_gattazcompétitivité (*). On avait cru comprendre qu’il y avait de nombreux facteurs qui avaient un impact sur la compétitivité et que l’on insistait surtout sur le coût du salarié qui pèse sur l’entreprise.  Avec le  « pacte de responsabilité » (qui s’est cassé la tête pour trouver ce nom ?) c’est encore une fois le coût du travail qui serait la cause essentielle du manque de compétitivité de la France.

(*) Tout sur la Compétitivité, chapitre 1 : Où ce n’est pas si simple…                                                                               Tout sur la Compétitivité, chapitre 2 : Oui, mais précisément c’est quoi ?

Un article du Journal du Net relayé par Slate s’est amusé à comparer deux salariés, un français, Jean et un allemand, Hans. Jean et Hans sont ingénieurs, célibataires, ont le même age et font le même travail, l’un à Lyon l’autre à Munich, ont le même coût à l’entreprise donc sont a compétitivité égale.

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Ce n’est pas une surprise pour les clients du bar qui ont lu la mise en forme de nos discussions précédentes sur le sujet de la compétitivité mais c’en est une pour ceux convaincus par les meuglements de révolte des « vaches à lait « , les roucoulements des   » pigeons  » et autres patrons téléguidés en sous main par certaines organisations patronales poujadistes.

le coût total de chacun de ces deux salariés, est quasi identique, pour l’entreprise, des deux côtés de la frontière : 4 750 € pour Hans et 4 646 € pour Jean; soit un écart de 2 %.

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Il faut remarquer le coût considérable des charges patronales françaises, supérieures de 54 % à celles d’outre Rhin. Comme l’explique Jean-Michel Bérard président du directoire d‘Exter :

En analysant les différences entre les taux de prélèvement des deux pays, il est clair que la stratégie des pouvoirs publics en France a toujours consisté à financer ses propres dépenses en majorant prioritairement les charges dites « patronales » donnant ainsi l’illusion de faire « payer les entreprises » pour préserver le pouvoir d’achat des salariés.

Les experts en micro-économie débattront de cette analyse avec profit mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Les charges salariales étant identiques le salaire net affiche 1 000 € d’écart (33%) en faveur de Hans. La citation suivante de l’auteur met le doigt sur la grande et seule vraie différence entre l’Allemagne et la France dans le domaine.

Ce tour de passe-passe permet également de cacher aux salariés la monstruosité des prélèvements en vigueur dans notre pays qui font qu’un salarié générant 4 650 € de valeur ajoutée ne touche au final que 1 890 € soit 40 % seulement de son travail (contre 50 % en Allemagne). 

Et Jean-Michel Bérard continue son explications sur ce fonctionnement dont on entend trop peu souvent débattre nos experts médiatiques.

Cependant, la réalité économique rattrape rapidement ce type de manœuvre. Les entreprises françaises opèrent dans un contexte de concurrence internationale et leur survie ne passe que par l’équilibre de leurs comptes d’exploitation. Elles répercutent donc systématiquement, dans un délai plus ou moins long, toutes les hausses de charges en minorant les salaires à l’embauche et/ou les augmentations annuelles.

Si on a bien compris, pour rendre le coût du travail compétitif entre la France et l’Allemagne, l’astuce consiste pour les entreprises, à moins payer le salarié français pour compenser la différence de charges patronales.

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Donc :

  • Attendu  que les deux ingénieurs font le même travail.
  • Attendu que les coûts pour les entreprises sont identiques.
  • Attendu que la compétitivité, vu l’attendu précédent, n’est pas en cause.
  • Attendu que la seule différence est le taux des charges patronales pour l’entreprise française.
  • Attendu que ce taux génère une perte de salaire net de 1 000 € pour le salarié français.
  • Attendu que le pacte de responsabilité vise à réduire les charges pour les entreprises.

Nous, accoudés Au Coin du Comptoir, concluons que toute baisse, dégrèvement, abattement, allègement, exonération, diminution, réduction, des charges pesant sur les entreprises au titre du dit pacte de responsabilité devra être suivie immédiatement d’une hausse proportionnelle des salaires au titre de l’accessoire au fin d’apurement du différentiel entre les traitements des salariés sans aucun bénéfice de subrogation.

 

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 29/01/2014, dans économie, politique, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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