Aux tricoteurs de bonnets rouges…


–  » Collègues Bretons vous allez dans le mur » –

Voilà ce que claironnait notre volailler local entre deux gorgées de bière Au Coin du Comptoir il y a quelques jours. Il passe nous voir de temps en temps au retour des divers marchés qu’il fréquente encore. Petit éleveur à l’ancienne il doit ramer depuis des lustres pour lutter contre la concurrence des hypermarchés et du Père Dodu. Il survit quoi !

poulets-de-bresse

– «  moi je vous le dis les gars, les dindons de la farce ne sont pas ceux qu’on pense…  » –

–  » maintenant qu’ils sont ruinés ou au chômage, les éleveurs et les salariés des abattoirs y font des heures sup pour les patrons des multinationales qui leur tricotent des bonnets rouges  » –

–  » est ce que vous savez que les grosses boites bretonnes reçoivent 50 millions d’euros par an d’aides pour exporter des volailles qu’aucun consommateur européen ne veut mettre au pot même en semaine ? Sont tellement moches leurs bestiaux qu’ils sont obligés d’en faire des croquettes ! aujourd’hui, sur dix poulets mangés en France, quatre ont passé la frontière, essentiellement en provenance de pays européens tels que l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et la Pologne, étoile montante de la volaille  » – ajouta il à la façon d’un expert économiste à la télé.

volaille

–  »  dans les cantines scolaires, les restaurants d’entreprise, les brasseries 87% des poulets sont poulet intensif_ [320x200]importés. Et c’est pas mieux chez les industriels des plats cuisinés, 68% des filets de volailles sont importés. Le marché Halal des boucheries traditionnelles de la région parisienne, ce marché qu’apprécient tant les gars de la Marine, c’est les belges qui ont le monopole.

Heureusement pour moi que les maghrébins et les noirs  continuent à me prendre les poules vivantes sur les marchés.  »

–  » ça fait des années que les dirigeants des grosses boites savaient qu’à Bruxelles ils allaient changer les règles de la politique agricole commune et qu’ils ne recevraient plus un rond pour exporter leurs merdes qui ruinent les paysans du tiers Monde et qu’est ce qu’ils ont fait ? Ils ont pris le pognon et quand le robinet se ferme, ils envoient leurs éleveurs et leurs salariés mal payés casser les portiques de l’écotaxe histoire que l’État relance la pompe à fric. « 

lepac

–  » Quand les gros céréaliers, eux aussi subventionnés, spéculent sur les céréales, m’augmentent la nourriture pour mes bêtes, j’aurais dû m’inscrire chez les « pigeons »,  aller faire dérailler les trains ou me faire bruler à Bruxelles histoire de passer à la télé. Les pigeons c’est pas ceux qu’on croit, les vrais pigeons ce sont les petits éleveurs, les salariés des grosses boites, poussés en avant par leur dirigeants qui leur ont tricoté un joli bonnet rouge avec les 9,2 milliards de la PAC, les 4,9 milliards du budget national et les 3,5 milliards des collectivités territoriales qu’ils engrangent tous les ans.« 

C’est assez clair, on produit des volailles dont personne ne veut, mais du moment que l’Europe paye pour qu’on les exporte dans les pays pauvres on continue à faire de la merde comme dirait Jean Pierre  Coffe. Que les paysans des pays sous développés en crèvent, on s’en fout, que le système finisse par exploser en vol et laisse quelques milliers de salariés sur le carreau, on s’en fout, que la merde de la merde produite empoisonne toute une région, on s’en fout…

Les managers géniaux, visionnaires et surpayés que le Monde entier nous envie, ont tué la poule aux œufs d’or en la faisant pondre à outrance. Maintenant qu’elle est morte, que l’Etat, c’est à dire nous, se débrouille avec la carcasse. Pour les autres, opportunistes qui profitent de la révolte des bretons pour leur propagande anti républicaine, mélangeant  les poules et les canards, le mariage pour tous et l’écotaxe, c’est tout bénéfice. Le sort des bonnets rouges ils s’en battent le croupion, ce qui compte c’est d’avoir du grain à moudre… (*)

(*) Voir notre autre billet sur le sujet,  le tonnerre de Quimper…

Dernière heure : La France va dégager 15 millions d’euros d’aide européenne afin d’aider la filière  » poulet export » à gérer la fin de subventions européennes (..) De son côté, le PDG du volailler Tlly-Sabco, Daniel Sauvaget a annoncé  qu’il allait poursuivre son activité en janvier, se disant satisfait des dispositifs décidés vendredi à Bruxelles pour aider les exportateurs de poulets (merdiques) français à sortir de l’impasse.

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 23/11/2013, dans économie, politique, Société, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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