Commentaires sur une Lettre ouverte d’économistes à l’Union Européenne… Episode 2


Nous continuons notre traduction (*) de cette lettre d’économistes Italiens  de juin 2010 aux dirigeants européens. Pour ceux qui n’auraient pas pris connaissance de la première partie le lien est là pour cela.

(*) les corrections de lecteurs anglophones sont souhaitée et les bienvenue

Épisode 2

Pour les membres des gouvernements  et les Parlements
Pour les représentants au sein des institutions de l’Union européenne
Pour les représentants des partis politiques et les syndicats
Pour les représentants italiens au sein des institutions de l’Union européenne et le SEBC
Pour les Présidents de la République

…/…

Dans un tel scénario, nous pensons qu’il est inutile d’essayer de s’opposer à la spéculation [sur la sortie éventuelle de la zone Euro ] avec de simples accords de prêt en échange d’une politiques restrictives de la part des pays endettés. Les prêts ne feront en fait simplement que reporter les problèmes sans les résoudre. Et les politiques d’ «austérité» de réduire encore plus la demande, ce qui pousse les salaires vers le bas et donc réduit encore plus la capacité de rembourser les prêts de la part des débiteurs, à la fois publics et privés. Bien que significative, la modification de la politique monétaire par la BCE, qui se dit prête à acheter des obligations d’État sur ​​le marché secondaire, a donné une nouvelle perspective par l’annonce de la volonté de la banque centrale de «stériliser» les opérations de manipulations sur les devises ou au sein du système bancaire qui aurait un effet inverse [ à l’effet recherché ].

      Ici encore, nos économistes insistent sur les effets pervers de la réduction de la demande. Il est toutefois évident que le passage à une économie de la demande ne peut se réaliser d’un claquement de doigts, mais l’instauration d’une politique d’austérité dans un contexte de crise et d’une politique de l’offre ne peut avoir que des effets négatifs. Quant au rachat des obligations au marché secondaire par la BCE, s’il  peut freiner la spéculation, il n’a que peu d’influence sur les taux d’intérêts des emprunts courants des États en difficultés.

Taux-dintérêt-Grèce-Irlande-2-ans

Les erreurs commises le sont sans doute en raison des remèdes récessifs du libéralisme économique proposées par les économistes liés aux régimes d’analyses en vogue dans les années passées, mais qui ne semblent pas capable de saisir les moindres principaux aspects du fonctionnement du système économique.

Il est assez clair que l’obstination avec laquelle ces politiques dépressives sont poursuivis n’est pas simplement le résultat de malentendus générés par des modèles économiques dont la cohérence et la pertinence empirique logique est aujourd’hui fortement contestée dans la communauté universitaire elle-même.

Ce penchant pour la soi-disant «austérité» est en fait l’expression d’une volonté de dégradation des intérêts sociaux. Il y a en effet certaines personnes qui voient la crise actuelle comme une chance d’accélérer le processus de démantèlement des services sociaux,  de fragmenter l’emploi et de restructurer et de recentrer le capital européen. L’idée sous-jacente est que le capital qui sortira victorieux de la crise sera capable de déclencher un enrichissement rapide sur les marchés, exploitant par ailleurs la compétitivité plus faible  et un nouvel affaiblissement de l’emploi.

Les économistes mettent ici le doigt sur une stratégie à long terme menée par la finance néolibérale, à savoir l’affaiblissement du secteur public et par là même de l’autorité des États dans la gestion de leur économie.  Bien qu’une majorité des gains du secteur financier se font aujourd’hui « hors sol », en dehors de l’économie réelle, il existe un socle macroéconomique indispensable aux opérations virtuelles. Il leur faut privatiser les services publics capables de générer des gains importants et laisser le secteur improductif de richesses au États dont le pouvoir sera considérablement réduit.

Eco_Virtuel

Il doit cependant être entendu que si leurs intérêts [ ceux de la Finance ] sont sauvegardés, non seulement ceux qui vont à l’encontre des intérêts des travailleurs, les conditions sont également réunies pour la création d’une concentration incontrôlée des capitaux, la désertification de la production en l’Italie méridionale et de macro-régions entières en Europe, processus de transformation qui sont de plus en plus difficile à contrôler, et finalement d’une gigantesque déflation soutenue par l’endettement, comparable seulement à celle des années trente.

≈≈≈

Le gouvernement italien a jusqu’à présent mis en place une politique visant à favoriser cette dangereuse spirale déflationniste. Et il a a annoncé de  se serrer la ceinture pour budget supplémentaire  , conjointement avec une tendance persistante à réduire la protection de l’emploi, qui ne peut que provoquer de nouvelles baisses de revenu, après la chute déjà enregistrée en Italie en 2009. Gardez bien à l’esprit que les hypothèses qui sous-tendent la conviction scientifique que de telles politiques peuvent améliorer la situation économique et le bilan et donc protéger le pays contre une attaque de la spéculation sont très discutable. Au lieu de cela, en prenant cette route, il y a le risque d’aggraver la crise, multipliant les faillites et donc la spéculation.

 L’opposition ne peut pas dire qu’elle a préparé un programme clair d’une politique économique alternative. Il y a une plus grande sensibilisation à la gravité de la crise et les erreurs du passé, mais des voix se sont exprimées par certains dans l’opposition suggérant des avis contradictoires ou de second plan, comme les propositions visant à introduire davantage de contrats de travail à court terme ou à mener à bien une privatisation massive des services publics. Même les fréquents appels aux soi-disant «réformes structurelles» sont contre productives, quand, au lieu d’être caractérisé par des mesures visant à s’opposer aux gaspillages et au privilège de quelques-uns, sont transformées en de nouvelles propositions pour la réduction des droits sociaux et de l’emploi.

On se doit également de rappeler qu’ avec cette justification  de réduire la dette publique par rapport au PIB, au cours des dernières années, notre pays a réalisé un programme massif de privatisations. Maintenant, les effets de ce programme sur la dette publique, qui étaient légers de toute façon, ont en grande partie disparu dans le sillage de la crise, et les implications en termes de positionnement du pays dans le secteur international du travail, de la croissance économique et du bien-être social sont aujourd’hui considérées comme hautement contestable dans la littérature scientifique la plus réputée.

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      Encore une fois les économistes soulignent que la politique d’austérité se paye non seulement par des réformes « structurelles » qui non seulement font baisser le pouvoir d’achat des plus fragiles, donc la consommation, donc augmentent le chômage par la diminution des revenus de transfert, mais aussi initient une réforme du code du travail, un recul des modèles sociaux et une privatisation massive dans les pays où cela est appliqué. Il s’agit (peut être) de l’aboutissement de l’application des théories néolibérales qui consistent à dénoncer « l’État providence », la disparition du secteur public, et de la prééminence de l’économe de l’offre sous l’œil tutélaire et infaillible des marchés.

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A suivre…

On travaille à la traduction et aux commentaires de la troisième et dernière partie.

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 14/10/2013, dans économie, politique, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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