La Saga Islandaise ou la réussite des indignés…


Ce coup ci on tape dans le dur Au Coin du Comptoir. Vous aviez déjà eu droit à des initiations à la crise financière ( tapez donc ces deux mots dans la case « Recherche » et prenez votre temps… ), des extraits d’analystes économiques atterrés, quelques éléments sur la compétitivité, la crise de la dettes et autres films catastrophes,  petits dessins animés, et j’en passe… Non, cette fois il va vous falloir vous servir de votre cerveau encore embrumé par les déclarations de campagne de nos politiques.

Au moment où notre nouveau gouvernement s’apprête à entériner un traité élaboré par le précédent, instituant la rigueur comme seule potion magique pour sauver le continent, l’un des clients de passage de notre café du commerce favori à lancé la discussion sur l’Islande et la façon dont ce minuscule pays se sort de la crise.

Bien sûr, j’entends déjà les critiques :  » ouais,  c’est un confetti de 330 000 habitants, des trolls, ça n’a rien à voir avec chez nous, il font de l’alcool avec des poissons, … » Eh bien on se moque des petits mais s’il y a, dans le monde, des indignés qui semblent avoir réussi a changer le cours des choses, c’est là ! Accrochez vous, y a de la lecture…

C’est quoi l’Islande ?

Islande 2007. Ses volcans, ses geysers, ses 330 000 habitants aux noms imprononçables qui se chauffent et qui se baignent toute l’année dans de l’eau chaude pratiquement gratuite, Björk, les routes qui font des détours pour ne pas empiéter sur les propriétés des Elfes, le premier parlement du Monde, créé en 930 et qui a duré 300 ans, la première femme au monde élue démocratiquement, Vigdís Finnbogadóttir, (quand je vous disais que c’était imprononçable !)…

L ’Islande en 2007 c’est aussi le premier pays mondial  à l’indice de développement humain (IDH),  indice calculé sur la santé/longévité, le savoir/le niveau d’éducation et le niveau de vie, autre chose que ce PIB dont on nous rebat les oreilles.

Islande fin 2008. Le volcan de la crise financière mondiale est entré en éruption et les banques islandaises sont ensevelies sous les cendres.

« La crise islandaise est la conséquence directe de la politique d’endettement et du gonflement des bilans des principales banques locales durant les années 2000 à des niveaux dépassant plusieurs fois le PIB de l’Islande. Pour prévenir l’effondrement du système bancaire islandais, les trois principales banques du pays sont nationalisées. »

« Fin septembre, la banque Glitnir voit 75 % de ses actions rachetées par l’État islandais. La semaine suivante, le contrôle de Landsbanki fut transmis à l’Autorité financière islandaise (FME). Peu après, la même organisation prit le contrôle de la principale banque islandaise, Kaupthing, l’Islande « étant près de devenir le premier cas de faillite nationale de la crise financière mondiale ». [ Wikipédia : Crise financière de 2008 en Islande ]

Comment le pays le plus riche d’Europe peut il être en faillite ??

Petit rappel pour ceux qui se sont juste réveillés hier :

La crise financière a été provoquée par les subprimes aux États-Unis. Les banques ont prêté, prêté, prêté et personne n’a pu les rembourser. Conséquence directe : ces prêts perdent de leur valeur.

En parallèle, des organismes de prêts américains proposent des crédits à la consommation en prenant les biens immobiliers des particuliers en hypothèque. Mais effrayés par la baisse des prix de l’immobilier, ces organismes de prêt réclament l’argent aux familles, qui ne peuvent évidemment pas rembourser. La valeur de ces prêts diminuent donc logiquement.

Le problème est que ces prêts immobiliers sont devenu des produits financiers côtés en bourse. Des sociétés de fonds d’investissement ont racheté ces titres boursiers sans prévoir qu’ils étaient si pourris et qu’il chuteraient si lourdement. Avec la dévaluation des biens immobiliers et des prêts, les fonds d’investissement ont cherché à vendre au plus vite ces cochonneries. Malheureusement : aucun acheteur, sinon à très bas prix. Pour compenser leur trésorerie, ces fonds vendent à tout-va leurs autres titres boursiers. Conséquence : les titres boursiers baissent et certaines banques se retrouvent d’un seul coup avec beaucoup beaucoup moins d’argent.

Ces banques empruntent donc à d’autres banques : c’est le marché interbancaire. Mais les banques se méfient les unes des autres et hésitent à prêter. Du coup, de plus en plus de banques ont des problèmes de trésorerie. Pour tenter de préserver le système financier et éviter le crash, les banques centrales, en fait les Etats, prêtent de l’argent aux banques en difficulté.(1)

Les états sauvent les banques…

Le lobby financier, les économistes, les grands banquiers avaient persuadé l’opinion publique générale et les états en particulier du bien fondé des théorie néolibérales. L’omniscience des Marchés, l’absurdité de l’interventionnisme d’état, le gaspillage de l’argent dans les services publics avaient trouvé leur consécration à la chute du mur et dans l’échec économique du bloc soviétique. Du coup, nos politiques, même de Gauche, pensant s’inscrire dans le sens de l’histoire, ont délégué une grande partie des pouvoirs qui leur ont été confiés par le peuple aux financiers multinationaux. Et voilà que maintenant ces experts en « Comment faire tourner le Monde » viennent de faire sortir le Marché comme le mauvais génie de la bouteille et ne savent pas comment l’y refaire entrer.

Si on résume, le torrent de lave de l’éruption volcanique financière provoquée par les banquiers mondiaux s’écoule sur tous les continents et brule tout sur son passage y compris le pays d’Eden d’Islande. Les auteurs de cette catastrophe devenus trop gros pour faire faillite (to big to fail)  et trop malins pour faire payer les dégâts ainsi provoqués à leurs actionnaires, mettent le deal suivant entre les mains des Etats : Ou vous nous sauvez ou c’est la fin du Monde …

Et les états s’exécutent et les banques reprennent des couleurs. Même pas punis, les dirigeants de ces organismes financiers lancent tout de suite une contre attaque pour éviter que l’on s’intéresse à leurs responsabilités. Les dettes souveraines, mais ça c’est une autre histoire…

Ne décrochez pas, ça va devenir intéressant…

Quid de l’Islande ?

En octobre 2007, le quotidien Le Figaro décrit en ces termes le miracle islandais: « Avec un produit intérieur brut de 40 000 euros par habitant, les Islandais jouissent, selon l’ONU, du niveau de vie le plus élevé au monde, juste après les Norvégiens. » « Le chômage est inexistant, la dette minime, et, ces dix dernières années, l’économie s’est accrue de 4,5 % par an en moyenne. » Le premier ministre Geir Haarde affirme alors: « Notre plus grande fierté, c’est d’avoir amélioré le niveau de vie général de la population : depuis 1994, le revenu disponible moyen des ménages, après impôts, a augmenté de 75 % ! » »

Le secteur bancaire de l’Islande a connu dans les années 2000 une croissance sans précédent avec un volume passant de 100% du PIB à plus de 1000% en 2003. Les actifs consolidés des banques représentaient 880 % du PIB islandais à la fin de 2007. Les banques locales se lancent dans une politique d’endettement avec effet de levier massif et spéculent sur des actifs de plus en plus risqués.

L’Islande, du fait de sa croissance extraordinaire, était le paradis des investisseurs. Le système bancaire et financier de l’Islande joue un grand rôle dans l’économie du pays. Peut-être trop grand.

Comme de nombreuses autres banques à travers le monde, les banques islandaises eurent de plus en plus de difficultés à se refinancer sur le marché interbancaire, ainsi qu’à renouveler leurs emprunts, les créditeurs exigeant paiement alors qu’il n’apparaissait plus possible d’obtenir de nouveaux emprunts. En telle situation, une banque devrait normalement pouvoir demander de l’aide à sa banque centrale, en tant que prêteur en dernier recours. Cependant, les banques privées islandaises étant tellement plus importantes que l’économie réelle islandaise elle-même, la Banque centrale d’Islande n’était pas en mesure de garantir le paiement des dettes contractées par les banques, le résultat fut la mise des banques en dépôt de bilan, et finalement, la nationalisation. Les réserves officielles de la Banque centrale à la fin septembre 2008 se montaient à 374,8 milliards de couronnes islandaises, à comparer avec les dettes cumulées des banques privées de 350,3 milliards de couronnes sur le marché des dettes à court terme

La filiale de la banque Landsbanki, Icesave, banque sur Internet, comptait plus de clients anglais que d’habitants en Islande. Malheureusement, elle subit de plein fouet la crise et, après sa nationalisation, doit geler les comptes de tous ses clients, qu’ils soient particuliers ou collectivités. À titre d’exemple, le métro londonien était client de Icesave. Ces investisseurs anglais ont beaucoup perdu à ce jeu d’argent.

Sur fonds de vieille querelle islando-britannique, le premier ministre Gordon Brown a décidé d’intenter un procès contre les autorités islandaises. La crise financière devient crise diplomatique. Le but : récupérer l’argent investi en Islande. Pour ce faire, le gouvernement anglais se retranche derrière une loi anti-terroriste pour saisir tous les avoirs des banques islandaises dans le Royaume. Pour récupérer leurs biens, les banques devront rendre leur argent aux investisseurs anglais.

 » Vous savez, les britanniques sont même allés jusqu’à recourir aux lois antiterroristes pour nous menacer : si on ne payait pas, ils nous priveraient d’importer notre nourriture et nos médicaments. »

[déclaration de la députée islandaise Birgitta Jónsdóttir (22 avril 2011 ) ]

Suite à cela, un anglais a ironiquement mis aux enchères l’Islande, sous l’intitulé : « opportunité unique d’acquérir un pays d’Europe du Nord ». Mise à prix : 99 pence (environ 1 euro).

Même punition pour le Benelux ayant investi dans la banque islandaise Kaupthing. Les fonds investis par les belges, néerlandais et luxembourgeois ont été gelés.

Le gouvernement vient au secours de ses banques, nationalise les principales du pays et sollicite l’aide du FMI. Ce dernier a octroyé un prêt d’un peu plus de 2 milliards à l’Islande. La Pologne, la Russie et la Chine proposent également leur aide. Plus pour le geste que pour la portée du montant, les îles Féroé, pays voisin et ami, ont également apporté un léger soutien financier. Enfin, suite à la réunion des premiers ministres des pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède) à Helsinki, les pays historiquement liés à l’Islande, encouragés par le prêt du FMI devraient rester solidaires du pays.

Par la suite, les chiffres s’accumulent dans les médias étrangers, tous plus désastreux les uns que les autres : la bourse de Reykjavik a perdu 94 % de sa valeur, 20 000 Islandais auraient déclaré faillite. On fait le constat d’un bilan financier et social qui donne le vertige. En Août 2009, Eva Joly écrit dans le Monde que l’Islande  » voit peser aujourd’hui sur ses épaules 100 milliards de dollars de dettes, avec lesquelles l’immense majorité de sa population n’a strictement rien à voir et dont elle n’a pas les moyens de s’acquitter » . 100 Milliards de dollars pour 330 000 habitant soit plus de 300 000 $ pour chaque homme, femme, ou enfant du pays !!!

Les indignés islandais

Mais au fait, que pensent les Islandais de tout ça ? D’un naturel optimiste, ils savent qu’ils ont les ressources pour faire face à cette crise et rebondir. Le gouvernement islandais avait un bilan relativement sain, avec une dette souveraine de 28,3 % du PIB et un surplus de budget de 5,5 % du PIB en 2007, un rêve pour beaucoup de pays européens !!

Mais un autre problème surgit, et pas des moindres : les Islandais perdent peu à peu confiance en leur gouvernement, représenté par le premier ministre Geir Haarde et le ministre des Finances, Árni Mathiesen.

Pour les Islandais, rien n’est clair dans la faillite de leur pays.

Le Parlement islandais vote fin décembre 2009 une loi, dite Icesave (du nom de la banque), prévoyant un remboursement de la dette échelonné entre 2016 et 2024, avec un taux d’intérêt de 5,5%. Mais après le vote de la loi, le Président refuse de la promulguer et décide de convoquer un référendum pour l’avaliser, suivant la demande d’une pétition signée par près d’un tiers de la population (70 000 personnes). Le remboursement est refusé par une énorme majorité des votants.

Tout a donc commencé par la pétition d’un peuple indigné !

Voici une petite vidéo canadienne qui résume le déroulement des faits.

Les Islandais auraient-ils perdu la tête ou sont-ils en train de créer un nouveau modèle de Démocratie ? Voici la transcription d’une interview de Kristinn Már Ársælsson membre de l’association ALDA qui a pour but de concevoir puis de proposer des solutions pour faire progresser la démocratie dans notre société. Dans cette séquence il nous parle du tirage au sort comme mode de désignation des gouvernants par le biais de méthodes très originales.

 » Nous avons discuté de la présidence. Le président est apparu publiquement dans le débat (sur la dette de la banque ICESAVE ) et bien que notre association encourage la tenue d’un référendum sur la question d’ICESAVE, nous pensons que la décision de la tenue ou non d’un référendum devrait être faite par le peuple et non pas par le décision d’une seule personne ( le Président ). Nous pensons que l’idée qu’une seule personne concentre tellement de pouvoir n’est pas réellement démocratique. Nous pensons que le pouvoir du Président devrait être transféré directement au peuple et nous souhaitons que le gouvernement soit également élu directement.

« Pour cela nous avons suggéré une procédure un peu atypique, nous avons pensé que les membres du gouvernement et les ministres devraient être élus directement… un par un… mais ils seraient présélectionnés. On tirerait au sort un comité d’électeurs en charge de l’évaluation des candidatures aux postes ministériels. Donc des personnes se présentent à des postes ministériels et un groupe d’électeurs tirés au sort sélectionne 4 personnes : 2 hommes et 2 femmes qui seraient issus de ce groupe de candidats aux postes ministériels et qui ensuite seraient soumis au suffrage universel. Ce que nous souhaitons changer c’est que nous ne voulons plus qu’un ministre soit issu d’un parti politique mais bel et bien que tout le monde puisse se présenter et au final être élu au suffrage universel. »

« Au sujet du Parlement, nous souhaitons que le Parlement soit divisé en 3 : les partis politiques, les élus sans étiquette et les tirés au sort. Un autre problème que nous avons en Islande est que les juges, ceux de la Cour suprême, mais aussi ceux des tribunaux sont nommés par les politiques ce qui a provoqué une certaine méfiance à l’égard du système judiciaire, justement parce que les gens pensent que tous les juges sont politisés. Donc nous pensons que les juges devraient être désignés sur la base de critères minimum de sélection, puis il y aurait un tirage au sort parmi ceux qui ont postulé et donc grâce à cela nous pourrions sortir du processus habituel de désignation des juges par les politiques. »

Je sais cela semble une nouvelle utopie et je ne sais pas si c’est applicable dans le reste du Monde. Mais une chose est sûre, le peuple Islandais a démocratiquement refusé le paiement de la dette des banques par le contribuable lors d’un second référendum.

Cette Démocratie directe est le moyen choisi par le peuple Islandais pour reprendre le pouvoir bradé par leurs politiques. C’est l’idée générale qui sous-tend tous les mouvement d’indignés dans le monde. Les Grecs, les Portugais, les Espagnols épuisés par les multiples plans de rigueur ne croient plus dans la gouvernance de leurs gouvernements. Les 99 % aux États Unis sont indignés par le cynisme et la cupidité de leurs banques. (voir le petit billet sur les punitions des financiers responsables )

Alors les indignés ont gagné ?

Le mouvement d’indignation Islandais a simplement montré qu’il existait d’autres solutions pour combler les dettes des banquiers que celle qui consiste à faire payer les états, c’est à dire les peuples. C’est un peu la revanche du politique sur le financier.

Que l’on veuille à tout crin nous persuader que nous sommes fautifs, coupables d’avoir trop bien vécu, de nous être trop bien soignés, que nous devrions travailler plus pour être compétitifs, que le salarié, le fonctionnaire, l’artisan, le commerçant, l’honnête patron de PMI ou PME, doivent aujourd’hui payer la dette de jeu des spéculateurs et des fabricants de produits dérivés.

Le peuple a repris le pouvoir parce que ses représentants n’ont pas fait le job. Regardez ce qu’en dit un professeur d’histoire Islandais, citoyen normal…

( n’oubliez pas d’activer les sous titres en bas à droite au cas où ils n’y seraient pas )

Le deuxième de ces films,  est l’interview  de la présidente du comité préparatoire des travaux de l’assemblée constituante élue en novembre, comité qui, lui, travaille depuis juillet, et venait de rendre un rapport de 700 pages pour l’ouverture des travaux de la constituante.

Le troisième de ces films,  est une interview d’un agent de voyage, les pieds dans l’eau (chaude), qui explique à Germàn pourquoi les islandais ne sont pas très chauds pour rembourser la dette que le Danemark et l’Angleterre réclament avec insistance. On les menace de ne plus leur prêter d’argent ? “Emprunter quand on n’a pas d’argent, c’est s’engraisser comme un cochon qui finira rôti à la braise”, dit-il. “Socio politique les pieds dans l’eau, on est des pionniers je pense !”

Je laisserai la conclusion au « Dessous des cartes » qui résume cette crise Islandaise. L’étude de la démarche de ce petit pays ne devrait pas s’arrêter à ce petit billet. Ce mouvement, cette révolution citoyenne est un bon élément de réflexion sur la gestion de ces crises financières et les choix de nos politiques. Quand la charge de la dette est devenue le premier budget de la France, on peut peut-être se mettre à réfléchir…

[sources : Toute l’Islande – Agora Vox – Swiss Info – Blog des directeurs financiers – Wikipédia – Wikistrike ]


[1] On remarquera que ce mécanisme n’existe pas non plus dans la zone Euro. La BCE n’a pas vocation a être  prêteur en dernier ressort

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 27/09/2012, dans économie, politique, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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