Eté pourri Au Coin du Comptoir! Où l’on reparle de la dette…


Une pétition adressée à Météo France circule actuellement Au Coin du Comptoir et elle a du succès. Cette pétition demande le remboursement aux habitués du bistrot de toutes les boissons habituellement servies avec glaçons pour les mois de juin et juillet !

C’est vrai, ce n’est pas parce que nous sommes dans l’Est, que nous sommes obligés de laisser le chauffage tourner 12 mois sur 12 que l’on a pas  droit à quelques jours de soleil et à des boissons fraiches sur la terrasse. Alors zou !! Remboursement…

En attendant le résultat de notre réclamation on continue à s’intéresser à la crise, à l’Euro, à l’économie. Les habitués du blog connaissent monsieur Robert (Bob pour les fidèles), l’inspecteur des impôts, notre expert économique. L’autre matin, monsieur Robert, levant le nez de son magazine éco préféré prenait à témoin les désespérés du quarté de la veille. Les piliers du bar ont tout de suite compris que nous étions partis pour une nouvelle leçon.

  La mise en orbite de la dette française c’est Giscard…

Oh, Oh ! tout le monde sait depuis les dernières présidentielles que c’est la faute au Socialistes en 81, lui dit aussi sec son plus proche voisin.

Pas du tout – continua notre expert – il y a eu deux origines à la dette de la France, la loi qui a mis fin au financement de  l’état par la Banque de France et l’emprunt Giscard et je vais vous expliquer pourquoi.

Pour la loi Pompidou Rothschild je passe rapidement car on en avait déjà parlé il y a quelques temps. C’est l’interdiction faite à la Banque de France de prêter directement à l’État et ceci à des taux d’intérêt très faibles. A cette date c’est le marché financier qui prête à l’État, c’est à dire les banques.

Il fut un temps où les banques avaient des experts qui évaluaient à qui et comment ils prêtaient. Plus le risque était important, plus les taux d’intérêts étaient élevés, assez logique n’est ce pas. Dans le nouveau système, les banques qui prêtent à l’État vendent ces dettes sur le marché. Ça s’appelle les obligations. Pour évaluer si ces obligations sont risquées ou pas elles payent des experts privés. Ce sont les agences de notation. Et là, il y a possibilité de magouilles ! Si je paye quelqu’un pour dire si le produit que je vends est bon, il est assez probable que ce quelqu’un ne va pas me mettre des bâtons dans les roues, mais ça c’est une autre histoire…

Le vrai problème de la loi de 1973 c’est que les financiers sont devenus les maitres de la dette des états. Elles ont intérêt à ce que les états fassent des dettes pour qu’elles puissent en vendre et toucher des commissions, et si elles gardent ces obligations en portefeuille, il est intéressant que les taux d’intérêts soient élevés. En gros, les financiers ont poussé les états à s’endetter car c’était bon pour leur commerce et ces dettes coutent plus cher.

ouais ! ben c’est comme moi, depuis que je ne suis plus à découvert, mon banquier n’arrête pas de me demander si je ne veux pas changer de voiture, acheter un appartement…  ajouta le voisin proche.

Oui c’est un peu ça pour les états, l’incitation à fonctionner à crédit… Mais je parlais au début de l’emprunt Giscard comme déclencheur de la dette française et je vais vous en parler si le patron veut bien nous remettre une tournée…

Après avoir humidifié son moulin à paroles avec le Picon bière habituel il poursuivit.

En 1973, après la guerre du Kippour,  se produit le fameux premier choc pétrolier. Les états  arabes producteurs de pétrole décident d’en augmenter le prix de 70 %  et une réduction des livraisons de 5% pour les pays qui soutiennent Israël. En un an le prix du baril passera de 3 à 12 $. Giscard, notre ministre des finances de l’époque, qui venait de baisser la TVA (diminuer les recettes de l’état…) se dit que pour boucler le budget il faudrait quelques liquidités, et il décide un emprunt de 7 milliard de francs sur 15 ans rémunéré à 7 % .

Rien de très exceptionnel sauf que le ministre des finances décide d’indexer cet emprunt sur l’or. Boulette indirecte !!

Déjà un taux d’intérêt de 7 % sur 15 ans c’est rembourser 2,75 F pour 1 F … Deuxièmement, entre 1973 et 1988 les dévaluations font que le Franc est divisé par 3,5 . Enfin, entre dévaluation du Franc et spéculation, l’or gagne en moyenne 12 % par an entre 1972 et 1982.

En 1988 l’état a dû rembourser plus de 90 milliards de francs pour 7 milliards empruntés !!

Voilà le début de la dette française, mais en gros, si l’état a perdu des sous et est entré dans la spirale de la vie à crédit, les investisseurs et les financiers n’ont pas perdu d’argent. A cette époque, les banques, les agences de notations, les financiers, les économistes néolibéraux, n’ont pas pleuré pour que la France se mette à la diète et fasse une politique de rigueur, bien au contraire !!

– Alors ça, ça me troue !! conclu le voisin de monsieur Robert –

Et oui, monsieur Robert venait de nous montrer que cette histoire de dette n’était pas aussi simple que de dire aux spectateurs que nous sommes, « vous avez vécu au dessus de vos moyens, alors payez maintenant » …

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 09/08/2012, dans économie, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. franchement je ne comprends pas , 2 heures de pluie en 2 mois …..

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  1. Pingback: Grèce : petit guide contre les bobards médiatiques (et politique) bobard 2… | au coin du comptoir

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