Le Marché Financier est vraiment (pas si) con …


On s’en doutait un peu, mais là ça se confirme !

Depuis le début de la crise, il y a maintenant presque 5 ans, on savait que la cupidité des acteurs du Marché n’avait aucune limite. Prêtant à de pauvres américains insolvables, titrisant ces dettes, inondant leurs confrères avec ces produits financiers tout pourris, se considérant comme trop gros pour faire faillite (to big to fail), ce Marché omniscient et omnipotent, régulateur universel, a largement montré ses limites.

Les néolibéraux n’avaient pas intégré cette cupidité sans borne dans leur grande idéologie de la libéralisation économique, du libre échange, des marchés ouverts. Dans leur travail incessant depuis la fin de la dernière guerre mondiale ils n’ont eu de cesse de prôner la déréglementation du Marché (censé s’auto-réguler naturellement), la privatisation de tous ces services publics (stupides, inefficaces et couteux  d’après la théorie), et enfin l’interventionnisme des pouvoirs politiques dans l’économie.

Les gens aimaient plutôt bien les PTT, la SNCF, Électricité de France, Gaz de France, l’Éducation Nationale, les Charbonnages de France, la Sécurité Sociale et les hôpitaux publics, peut être un peu moins les services régaliens, la Police, la Justice, le Service Militaire et bien sûr nettement moins le Service des Impôts, les Contributions comme on disait alors…

Toutefois la population faisait avec, pendant les fameuses « trente glorieuses ». De bons plans quinquennaux, une Banque de France qui s’occupait de la dette et dévaluait de temps en temps histoire de remettre la machine en route et enfin une sorte de consensus sur une règle de notre constitution, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, qui pose comme principe à l’article 13 : « Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable: elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. » Même si chacun pour sa part trouvait qu’il contribuait plus que le voisin.

Pendant tout ce temps les néolibéraux sapaient cet édifice qui semblait harmonieux malgré quelques défauts. À partir des années soixante-dix, avec la montée en puissance des pensées de Milton Friedman et de Friedrich Hayek le mot néo-libéralisme prend un autre sens. À partir de Michel Foucault, le néolibéralisme est alors présenté comme une technique de gouvernement, une politique économique et sociale étendant l’emprise des mécanismes du marché à l’ensemble de la vie. Friedman et Hayek sont désignés en France comme en étant en grande partie les inspirateurs.

Il est important, pour comprendre à quelle sauce nous sommes mangés aujourd’hui, de faire ce petit historique et de voir que nous avons été nourris depuis longtemps par une propagande du lobby néolibéral. Pour cela je cite l’article « Néolibéralisme » de Wikipédia, le plus à la portée des dilettantes que nous sommes au coin du comptoir :

Depuis la fin des années 1970 dans le monde anglo-saxon -et depuis les années 1990 en Europe-, le terme « néolibéralisme » ( aussi dénommé « ultralibéralisme » ou même « hyper libéralisme ») fait référence à des politiques libérales sur le plan économique, en réaction contre les idées Keynésiennes et d’une façon plus générale contre l’intervention de l’État.
Cette doctrine inspire Margaret Thatcher au Royaume-Uni, Ronald Reagan aux États-Unis dans les années 1980, Pinochet au Chili, ainsi que des organismes comme le FMI, l’OMC, la Banque mondiale et même dans une certaine mesure l’Union européenne.
Pour ses partisans, il s’agit de promouvoir un Libéralisme renouvelé dans sa pensée et pour l’action, reposant sur deux piliers majeurs : le monétarisme et l’économie de l’offre.
Pour ceux qui le dénoncent, (le terme est souvent employé à gauche, mais fait aussi partie du vocabulaire de la droite dite «conservatrice») le « néolibéralisme » accroît les inégalités sociales, réduit la souveraineté des États et nuit au développement des pays en développement.

La chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’Union Soviétique fut utilisé comme preuve ultime de la justesse de l’idéologie néolibérale et servit largement à stigmatiser tout retour à une économie régulée ou à un interventionnisme d’état. Le règne des actionnaires, des commissions, des bonus indécents, des salaires mirobolants était bien ancré dans le milieu de la finance.

Mais je vous raconte tout ça…

Patatras, 2007/2008 la théorie s’effondre, l’idéologie prend l’eau et l’insubmersible Lehman Brothers  (46 milliards $ de chiffre d’affaires et 4 milliards de bénéfice en 2006) coule le 15 septembre 2008.

L’économie mondiale en ruine, des millions de chômeurs, l’industrie en berne, la consommation moribonde, la fin d’un monde…

Et que croyez vous qu’il arriva ?

Tout a pratiquement continué comme avant sauf que les financiers ne se vendaient plus de titres pourris entre eux, non, ils les vendaient aux banques centrales ! Ils avaient trouvé un autre filon, un autre objet pour assouvir leur cupidité : la Dette des États…

Les états avaient perdu tout pouvoir sur l’économie, la finance contrôlait toute les manettes, les agences de notation, sorties d’on ne sait où, s’affichaient en juges de la politique et de la gestion sociale des pays.

Eux qui continuaient à spéculer comme des forcenés (sur les produits agricoles entre autres ) faisaient  la morale à des continents entiers, affamaient sans beaucoup de scrupules des millions de personnes et en mettaient tout autant dans la rue.

Où en sont ils aujourd’hui ?

Pas si mal les cons, pas si mal !! La Grèce est économiquement comme son Acropole, en Espagne c’est la corrida des banques en attendant la mise à mort, l’Italie risque la pénurie de pâtes et voilà qu’après avoir prêté il y a quelques jours à des taux négatifs (!!!)  en particulier à l’Allemagne ( en gros ils payent pour prêter de l’argent !) voilà qu’ils dégradent la note de ce même pays ??

Sont ils cons ou pas si cons ? Je vous laisse juger…

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 24/07/2012, dans économie, politique, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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