Au fait… c’est quoi être de Gauche ou de Droite ??


La crise a de drôles d’effets sur les habitués du coin du comptoir…

Voilà qu’ils se posent des questions quasiment métaphysiques ! Je vous le donne en mille Émile, la dernière que je viens d’entendre était :

« Comment on sait qu’on est de Gauche ou de Droite ? « 

L’un des accoudés s’est mis à grommeler – « Faut vraiment être con pour se poser une question pareille… t’es de Gauche quand tu votes à Gauche et de Droite quand tu votes à Droite… remets moi un p’ti Beaujolais Moe.  »

Oui, ça semble évident vu sous cet angle, trop simple, et je ne suis pas sûr que ça tape le super banco au jeu des mille Euros !! Dans le fond il est vrai qu’on se pose pas souvent la question  » pourquoi suis-je de Gauche/Droite. On est et c’est comme ça… Allez grattons un peu pour nous faire une idée.

Appel à des extraits de notre ami Wikipédia pour savoir ce que sont les valeurs de ces courants :

En politique, les valeurs ont un caractère plus transversal et peuvent se retrouver, selon les cas, à droite comme à gauche. Il s’agit par exemple de la liberté, de la nation, de la Justice ou de la tolérance.

Valeurs de Droite

Cependant traditionnellement, les valeurs suivantes sont considérées comme étant caractéristiques de la droite : mérite, travail, ordre, sécurité, tradition, loyauté par opposition, les valeurs suivantes sont généralement considérées comme étant de gauche : égalité, solidarité, progrès…
Alain de Benoist donne les valeurs communes suivantes des mouvements de droite
  • L’idée que l’homme est toujours modelé (mais pas forcément déterminé) par des valeurs qui lui sont antécédentes et dont il a hérité ;
  • L’idée que les institutions sont nécessaires à l’homme pour se mettre en forme lui-même ;
  • Une certaine aspiration à l’ordre social;
  • La tendance à pencher en faveur de la liberté et non de l’égalité, lorsque l’une et l’autre entrent en conflit;
  • L’idée que la société est plus que l’addition des seuls individus qui la composent;
Valeurs de Gauche
Traditionnellement, les valeurs suivantes sont considérées comme étant caractéristiques de la gauche :
  • égalité
  • solidarité
  • progrès
  • insoumission
Par opposition, les valeurs suivantes sont généralement considérées comme étant de droite :
  • mérite
  • ordre
  • sécurité
  • conservatisme
  • tradition

Chacune de ces valeurs devrait être discutée, mais bon, on va pas y passer le réveillon…  Mais comment remettre ça dans le contexte actuel de crise, de campagne électorale ?

Ce que l’on peut dire avec Deleuze c’est que c’est une histoire de perception. Je sais, vous allez  dire « Deleuze !!  Voilà l’autre qui se prend pour un intello (de Gauche, l’intello est toujours de Gauche !) et veut nous expliquer la Droite/Gauche avec un philosophe… » Au moins même si vous ne comprenez pas ça pourra toujours vous servir dans les repas de famille. « Hier, en écoutant Deleuze… »

C’est quoi cette perception ? Comme ont cru comprendre les illettrés  au coin du comptoir, ça aurait à voir avec l’individualisme et le solidarisme. L’attitude de Droite serait  celle de celui qui part de lui pour regarder le monde, l’attitude de Gauche serait celle de celui qui regarde le monde pour arriver à lui… On va essayer d’expliquer ça pour que les habitués du bar puissent enfin savoir de quel côté

ils sont. Juste une chose, on va essayer de ne pas parler de partis politiques mais plutôt rester sur cette affaire de valeur. Avec les partis politiques, ces concepts se compliquent des problèmes de pouvoirs et de personnes, simplement on restera sur les différences Gauche/Droite qui devraient permettre de nous situer perso, et également de situer les partis. Et une autre remarque avant de continuer ; je ne suis pas sûr que nous serons vraiment objectifs, mais bon, on peut pas être parfait…

  • Être de droite, c’est considérer que chaque homme doit construire son bonheur à partir de ce qu’il possède au départ et des efforts qu’il va fournir.
  • Être de gauche, c’est considérer que chaque homme doit pouvoir accéder au bonheur et les chances d’y parvenir doivent être les mêmes pour tous.

Là c’est plutôt facile de savoir de quel côté on penche, bien que les énoncés soient beaucoup plus compliqués qu’il ne semble à la première lecture.

  • Pour la Droite l’économie est au centre des richesses d’un pays. Un pays globalement pauvre, c’est un pays qui produit peu d’argent et sans argent, il n’est pas possible d’être heureux. Le libéralisme est la seule logique qui peut fonctionner car il ne bride pas les talents ou les investissements. Il ne fait qu’appliquer la loi de la sélection naturelle, loi que la nature a mis en place depuis le début des temps, et c’est donc la seule loi qui peut fonctionner durablement sur la planète. La concurrence permet la sélection des meilleurs et permet donc à l’ensemble de progresser.
  • Pour la Gauche les qualités humaines sont les vraies richesses d’un pays et le bonheur ne peut se résumer au PIB qui n’est pas obligatoirement partagé par tous les habitants du pays. L’humanisme et la solidarité sont les meilleurs remparts contre les inégalités de naissance. Le libéralisme ne fait que favoriser ceux qui le sont déjà à la naissance. L’être humain ne doit pas se contenter d’appliquer aveuglément la « sélection naturelle » dans sa vie. Il a une plus grande conscience du Monde que les autres êtres vivants et ne doit donc pas avoir le même comportement qu’eux.

Ici nous sommes dans le dur… Apparait en effet le mot « libéralisme » et c’est fondamental pour comprendre les réactions à la crise économique que nous vivons. Pour simplifier, quelqu’un qui a une sensibilité de Gauche est très critique sur le libéralisme contrairement à la sensibilité de Droite qui est aujourd’hui néoclassique. Aidons-nous de Wikipédia pour aller un peu plus loin

« …le libéralisme économique relève d’un raisonnement de nature économique qui repose le plus souvent sur la théorie de l’équilibre général et qui est souvent appelé « libéralisme néoclassique ». Ils contestent l’efficacité des actions de l’État mais sont plus sensibles que les libéraux classiques aux critiques partant des « défaillances du marché ». De ce fait, ils diffèrent quant aux limites exactes à fixer aux interventions de l’État. » (…)

« … Le libéralisme prône une action minimale, voire nulle, des pouvoirs publics dans la sphère économique. Que surgisse un problème économique, ou social, et il se voit reprocher son attitude passive et peu volontariste, son indifférence envers ceux qui subissent des problèmes économiques, et un encouragement à l’égoïsme. Pour ses détracteurs, l’action de l’État est nécessaire pour organiser la solidarité.

Les défenseurs du libéralisme considèrent que compter sur l’État pour corriger ces situations, c’est lui prêter une bienveillance, des connaissances et des capacités qu’il n’a pas. Son action semble souvent inefficace, voire porteuse d’effets pervers. L’omniprésence de l’État découragerait plutôt ces initiatives spontanées et tendrait à répandre l’égoïsme, alors que les instincts sociaux de l’être humain sont suffisamment forts pour qu’il mette spontanément en œuvre des solutions sans devoir y être contraint. »

On voit tout de suite le clivage. Ceux qui préfèrent la loi du Marché ont une sensibilité de Droite, ceux qui se réfèrent à l’État Providence une sensibilité de Gauche. Pour revenir aux fondamentaux du début, la Gauche se réfère à la solidarité des peuples et à la répartition. Les services publics, la Sécurité sociale, l’éducation, le chômage, … doivent être financés par tous pour tous. La Droite elle, pense rentabilité :

« …Ou bien ces services sont financièrement rentables, ou bien ils ne le sont pas. S’ils ne le sont pas, alors leur disparition est un bien, qui permettra de ré-allouer les ressources (gaspillées) à d’autres usages plus utiles. Si ces services sont rentables, il s’agit dans ce cas d’ouvrir à la concurrence ces secteurs, afin de les rendre aussi efficaces que possible. »

C’est pour cela qu’on peut classer les décisions de la Commission  Européenne à Droite, elle qui bataille pour que tout soit mis en concurrence et pour le démantèlement des services de l’état. Si vous pensez que ce raisonnement est juste, que les fonctionnaires doivent être avantageusement remplacés par des commerciaux plus rentables (quand c’est privatisé nous ne sommes plus des usagers mais des clients…) vous avez une sensibilité de Droite. Personnellement je me sens plus près des idées citées ci dessous.

« Le libéralisme économique est violemment dénoncé par les altermondialistes, qui voient dans sa progression due à la mondialisation un danger de confiscation progressive des richesses par une classe dominante qui contrôlerait progressivement l’économie mondiale. Selon eux, l’abandon progressif des pouvoirs des États démocratiques aux marchés financiers et aux multinationales, associés aux dérégulations de nombreux secteurs économiques ainsi que la montée en puissance des acteurs privés dans la gestion des biens publics à l’échelle mondiale, entraînerait une destruction des ressources naturelles, et une négation de l’être humain.  À leurs yeux, cette évolution réalisée sans et même souvent contre les volontés politiques et surtout populaires est un mal à combattre. »

Toujours avec en toile de fond la Crise économique et pour que vous puissiez tester vos sensibilités…

  • A droite on pense que chaque Homme a droit au bonheur mais certains le méritent plus que d’autres. C’est pourquoi certains ont plus que d’autres. Chacun ne peut accéder qu’individuellement au bonheur. Le partage ne vise qu’à encourager l’assistanat et n’encourage pas les efforts qui permettent à chacun de mériter sa vie.
  •  Pour la Gauche le bonheur de chacun passe par le bonheur de tous. On ne peut accéder au bonheur qu’ensemble. Le libéralisme et le capitalisme sont des valeurs passéistes puisqu’ils ne font que reproduire l’inégalité de répartition des pouvoirs et le schéma possédant/possédés qui existait déjà au moyen-âge. La Gauche reconnaît que la réussite sociale n’est pas de même accessibilité pour tous. Comprendre pourquoi certains sont en échec permet de les aider à s’en sortir. Réussir sa vie est toujours une chance, et chaque homme qui réussit sa vie doit aider l’autre à réussir la sienne.

A Droite le mot solidarité est remplacé par assistanat. Si vous trouvez que cette solidarité payée par tous (enfin presque tous… ceux qui peuvent s’en exclure ne s’en privent pas) est détournée par des fainéants profiteurs, vous avez plutôt une sensibilité de droite. Allons ! Vous voyez bien que c’est assez facile de savoir de quel côté on penche sans avoir à choisir de parti politique.

Personnellement j’ai une sensibilité de Gauche (ça se voit tant que ça ??) mais « je suis d’une Gauche qui n’existe pas ! ! »  déclaration de Guy Bedos que j’ai fait mienne.

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 18/11/2011, dans politique, Société, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

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