Comment on nous cause ! ou, l’écoute superficielle…


Je pense que notre gouvernement sait comment nous fonctionnons, enfin, il a compris que pour beaucoup il y avait le syndrome « lecture superficielle » et ils essayent d’appliquer, depuis le début du quinquennat : « l’écoute superficielle ».

La lecture superficielle, j’avais fait un petit billet sur le sujet que l’on peut retrouver d’un petit clic, c’est un petit défaut que nous avons tous à un moment ou à un autre, à la lecture d’un article, d’une petite blague ou d’un dessin humoristique juste au premier degré. On lit le titre, deux trois phrases, on se fait son opinion , et c’est assez flou et explicite pour satisfaire les moins curieux .

 L’écoute superficielle découle du même processus. On nous dit des choses, on accroche l’écoute des gens  qui se font une opinion sur le sujet en quelques mots, sans vraiment réfléchir à ce qu’il viennent d’entendre. Pour que cela fonctionne correctement, il faut quelques ingrédients en plus. Celui qui parle doit être quelqu’un de connu. Le message doit être suffisamment répété avec les mêmes mots clé, ces mots qui font que l’on a une réponse un peu floue mais suffisante à la question que l’on se pose. Le gouvernement a trouvé ce moyen de répondre à nos questions, ça s’appelle les « éléments de langage »..

Avez vous remarqué qu’après un évènement politique national ou international, les porte-paroles, les ministres et autres députés proches du gouvernement récitent des explications qui, étrangement, ressemblent à des copier/coller de mauvais élèves, ces mêmes mots clé qui apportent une réponse satisfaisante à nos questions ou nos inquiétudes au premier degré bien sûr…

Une citation de RUE 89 définissant parfaitement ces « éléments de langage » sous le titre « Comment fonctionne l’orchestre de Nicolas Sarkozy » :

« Lorsque tout à coup vous entendez plusieurs ministres et ténors de la majorité répéter bizarrement les même mots, ne vous pincez pas : vous ne rêvez pas. Ils se livrent à un exercice classique, que le directeur de Libération Laurent Joffrin, mardi matin sur France Info, a décrit comme l’orchestre des « roquets/perroquets ».

« La règle du jeu est simple : vous apprenez par cœur les « éléments de langage » arrêtés à l’Elysée sur tel dossier. Ces « éléments de langage » sont parfois récapitulés sur une simple feuille de papier. Puis vous écumez les plateaux des radios et des télévisions en répétant ces « éléments » »

Pour illustrer mon propos voici quelques exemples.

Tout d’abord l’affaire oubliée de Jean Sarkozy et de l’EPAD  (ouaiiis !!)

Elément de langage :  » (…) Jean Sarkozy à été élu… »

Elément de langage :  » (…) Martine Aubry fille de Jacques Delors… »

Elément de langage :  » (…) le président de l’Epad n’est pas nommé mais élu… »

Elément de langage : ‘(…) Jean Sarkozy n’a pas plus de droit que les autres mais pas moins… »

Et les aveux de J.F. Copé :

Publié par RUE89 le 21 octobre 2009

Il y a eu également les attaques sur les sphères « Politico médiatiques… »

Les régionales… Les éléments de langages du premier tour le 14 mars 2010

« Pas de vote sanction… »

Publiés sur Le Post.fr

La compilation vidéo de Yann Barthes dans Le petit Journal résume bien la méthode :

Il a même été possible de récupérer l’argumentaire de l’UMP en PDF :

Il y a aussi les retraites, là je vous laisse trouver les éléments de langage vous même, vous verrez c’est très facile !!

« … et le deuxième tour : « la Gauche a gagné… »  » élection de mi-mandat peu favorables au pouvoir en place… »  » le contexte de crise… »  » nous avons entendu le message… »

 » Il n’y aurait pas de l’écho ? «        (cliquez pour ouvrir la vidéo dans une autre fenêtre )

Pour les dernières sénatoriales le couplet était : «  La gauche doit son succès dimanche à ses victoires aux dernières élections locales (municipales, régionales, cantonales). La droite a pâti de ses fortes divisions et d’une forte grogne des élus locaux, qui ont mal accueilli la réforme territoriale et le regroupement des communes menés à marche forcée » (l’Express)

« L’Elysée « prend acte » du résultat des sénatoriales, « conséquence des succès locaux de la gauche ». C’est l’élément de langage de l’UMP: la poussée de l’opposition n’est qu’une conséquence mathématique de la victoire de la gauche aux derniers scrutins locaux. » (l’Express)

« L’Elysée prend acte des résultats du scrutin sénatorial, qui est la conséquence de la progression de la gauche aux élections locales intervenues depuis 2004″, a sobrement expliqué la présidence dans une courte déclaration à l’AFP, sans autre commentaire. » ( le JDD )

Je n’ai pas trouvé d’illustration pour cet évènement mais c’est en gros le résumé de ce que vous avez tous entendu à la radio ou lu dans vos journaux. C’est mathématique, la gauche à gagné toutes ces petites élections locales ou régionales, comme les grands électeurs des sénatoriales sont issus de ces élus on vous le dit, c’est mathématique que la gauche les gagne, ces sénatoriales qui finalement ne sont pas des élections qui vont révolutionner le pays ni faire changer la politique impulsée par le Président…

Je pense qu’on nous prend pour des gogos ! Sans être expert en analyse politique une question m’est venue immédiatement à l’esprit : pourquoi la gauche gagne toutes ces « petites élections » qui ont provoqué le basculement du Sénat à gauche ? Après une petite réflexion, j’ai un début de réponse. Les électeurs des Sénateurs de gauche sont des maires, des conseillers municipaux, des conseillers généraux, des conseillers régionaux et des députés de gauche… Tous ces électeurs sont des élus locaux, proches du citoyen pour la plupart, ils tentent dans leur grande majorité de gérer correctement leurs administrés qui s’en trouvent bien puisqu’ils les élisent et les réélisent. Donc, la politique de ces électeurs élus est majoritairement appréciée par les Français, donc c’est une bonne politique. Puisque c’est « mathématique » donc logique, la politique de droite est moins appréciée et doit donc être modifiée. C.Q.F.D.

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 05/10/2011, dans politique, Société, Uncategorized, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. L’écoute superficielle, c’est un peu le contraire de l’attention flottante chère à Freud dont Onfray parle (mais je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce qu’il en dit, mais je reprends quand même son propos). L’écoute superficielle finit par nous endormir , si j’ai bien compris ou au moins nous rendre somnolents. Et l’attention flottante finit par endormir le psychanalyste à force… Mais les z’hommes politiques ne finissent-ils pas par être englobés et s’endormir aussi sur leurs faux lauriers, ils se répètent comme dans un demi sommeil….

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  2. La répétition de mots-clés lors d’un discours (ou d’un cours) est une technique de communication orale qui a fait ses preuves pour la mémorisation du message. Et si c’est répété et martelé par plusieurs sources, ça relève presque du lavage de cerveau ! En la matière, les hommes politiques sont bien coachés…
    Mais des émissions comme le Petit Journal éveillent de plus en plus la méfiance des gens (et leur conscience aussi). Restons vigilants !

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  1. Pingback: Primaires Socialistes, Morano, Comment on nous cause… « aucoinducomptoir

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