Politique… ? Un métier sans avenir…


Politique ! un métier sans avenir…??

L’autre fin d’après midi Bébert, notre plombier, s’est affalé au coin du comptoir.

« Donne moi une grande bière Moe  ou je vais mourir…» soupira-t-il, « je suis lessivé… trop de boulot »

Faut dire que les plombiers ça manque et que son agenda est plus rempli que celui de mon ophtalmologue. En plus c’est un bon plombier alors que mon ophtalmo…

«  Les politiques, y devraient venir me donner un petit coup de main vu qu’il ne servent plus à grand chose maintenant… »

Cette remarque m’a donné à réfléchir. C’était frappé au coin du bon sens…

La crise a permis de mettre au grand jour l’impuissance des politiques libéraux à régler les problèmes économiques. Les financiers sont devenus les vrais dirigeants. Il ont bien travaillé.

La mondialisation

Depuis longtemps les tenants du système ultra libéral ont pesté contre les freins au commerce et au développement imposés par les États.

Les barrières douanières empêchaient, d’après eux, d’optimiser les performances des entreprises déjà « multinationales ». Ces taxes douanières qui permettaient à l’État de préserver la compétitivité des entreprises nationales empêchaient, toujours d’après eux, les consommateurs de bénéficier de prix avantageux et limitaient le développement des pays producteurs. Une façon de mettre la pression sur les gouvernements et plaider la cause des pays du Tiers Monde, le nom que l’on donnait à l’époque aux pays fournisseurs de main d’œuvre et de matières premières à bas coûts.

Un autre obstacle était le Service public. Ce système étatique, quasiment soviétique pour les tenants du néo libéralisme, où une masse de fonctionnaires privilégiés payés par l’État, n’en foutaient pas une rame, luttaient avec leur inertie contre toute modernisation. Il n’y avait qu’à voir a contrario comment ça fonctionnait dans le secteur privé…

Tel était en gros l’état de beaucoup de nations en Europe après la seconde guerre mondiale. Keynes régnait en maître sur l’économie et ce débile prônait l’État comme moteur et régulateur de l’économie. Bref, toutes ces réglementations dans tous les domaines de l’économie empêchaient l’évolution harmonieuse des théories libérales. Il n’ y avait qu’à voir comment ça se passait dans les pays communistes où la bureaucratie et le protectionnisme étouffaient toute liberté.

Pour convaincre le Monde du bien fondé de leurs théories les libéraux organisèrent un lobby mondial : le GATT tout de suite après la guerre puis l’OMC en 1995. Le GATT est un accord multilatéral de libre-échange conclu en 1947, censé faire baisser les prix pour les consommateurs, mieux utiliser les facteurs de production et favoriser l’emploi dans les secteurs où chaque pays détient un avantage comparatif. L’OMC est une organisation internationale qui s’occupe des règles régissant le commerce international entre les pays. Au cœur de l’organisation se trouvent les accords de l’OMC (WTO en anglais), négociés et signés en avril 1994 à Marrakech par la majeure partie des puissances commerciales du monde et ratifiés par leurs assemblées parlementaires. L’OMC a pour but principal de favoriser l’ouverture commerciale. Pour cela, elle tâche de réduire les obstacles au libre-échange, d’aider les gouvernements à régler leurs différends commerciaux et d’assister les exportateurs, les importateurs, et les producteurs de marchandises et de services dans leurs activités.

Le lobbying

Je sais, je semble m’éloigner de mon sujet initial qui était l’impuissance des politiques mais il me semble que sans un minimum (c’est vous qui jugerez lecteurs…) de mise dans un contexte et d’éléments historiques, il est très difficile de comprendre comment nos dirigeants ont perdu le pouvoir que nous leur avions donné démocratiquement.

J’en étais donc au GATT et à l’OMC (WTO en anglais). Ces organisations, censées être gérées par les Nations ne sont finalement que d’énormes organismes de lobbying pour le commerce international. La seule règle de base est « Libre échange ». Sur le papier ça semble LE système idéal. Je citerais le débat contemporain dans Wikipedia, sur le sujet :

« Selon ses défenseurs, les effets du libre-échange sont semblables à ceux du progrès technique : il favorise à long terme le développement économique général et permet d’obtenir une meilleure efficacité en accélérant l’utilisation optimale des facteurs de production par la spécialisation géographique de chaque pays (voir avantage comparatif). Comme le progrès technique, le libre-échange peut provoquer la disparition de certains emplois, mais les bénéfices qu’il procure permettent de compenser ses victimes, de sorte que le résultat global peut être gagnant-gagnant.

Pour ses détracteurs, prônant l’interventionnisme ou le protectionnisme, le libre-échange provoque des coûts d’ajustement (en termes d’emplois, d’activités, etc.) aux chocs créés par l’ouverture sur le marché extérieur. Il entraîne aussi l’apparition d’une contrainte exogène sur les politiques économiques nationales, qui deviennent plus difficiles à mener afin de rechercher à réduire le chômage. Enfin, certaines catégories sociales peuvent être défavorisées par une libéralisation des échanges. »

Les multinationales, tenantes de la première partie dans ce débat, n’ont eu de cesse, grâce aux outils officiels comme le GATT et l’OMC, de faire un lobbying forcené et réussi pour l’application du libre échange dans le monde. En Europe on peut voir l’influence de cette position dans les nombreuses décisions prises par la Commission Européenne favorisant le système. Démantèlement des services publics au profit du privé même dans des secteurs stratégiques comme les énergies, les télécommunications, les transports, etc.

Aujourd’hui

On peut voir aujourd’hui les résultats de ce démantèlement. Les dirigeants nationaux n’ont plus de possibilité d’action sur l’économique. Tout devenant marchandise, il est évident que ce sont les marchands qui mènent le jeu et non plus les politiques. Même des secteurs aussi importants que l’Education et la Santé ont pris le chemin de la privatisation. Comment diriger un pays quand toutes les manettes sont entre les mains de multinationales qui n’ont comme politique que le profit. La fonction politique se résume aujourd’hui à abonder dans le sens de cette politique suicidaire ou le maître mot est « compétitivité ». On voit les hauts fonctionnaires de l’état, formés à grands frais par la République, se retrouver à la tête de ces sociétés apatrides et prendre des décisions qui vont à l’encontre du bien public. Exit le paramètre social dans ce système, le salarié est devenu une variable d’ajustement.

Et puis maintenant il y a LA Crise ! Qu’à cela ne tienne… Cette crise est une crise systémique financière et pendant les travaux la vente continue ! Dans l’économie réelle, il a fallu vivre à crédit puisque les salaires n’étaient pas suffisants pour écouler les surproductions produites dans les pays à bas coût de main d’œuvre. Les états, les personnes, tout le monde s’est endetté, favorisant la spéculation sur ces dettes et par l’apparition de produits financiers tellement exotiques que même les banques ne connaissent pas leurs contenus. Et les politiques sont maintenant à la merci des agences de notations !! Les dirigeants serrent leurs budgets, rabotent sur ce qu’il leur reste, leurs administrés, vendent les derniers bijoux de famille et, levant le doigt comme des écoliers face au maître,  demandent timidement « J’ai bon ?? »

Oui, mon plombier Bébert a bien raison : « Les politiques ne servent plus à grand chose »

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 28/09/2011, dans économie, politique, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

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