c’est foutu ! Petite chronique de la crise…


C’est foutu ! Voilà ce qui se murmure au comptoir du café du commerce… Se murmure, en effet, car certains ont entendu dire que la moindre rumeur fait « sur réagir » le Marché !? Alors c’est conciliabules et petits apartés autour du zinc, histoire que les agences de notation ne puissent pas tenir compte de leur avis dans les futures notes. Le patron voulait ressortir une vieille affiche de la dernière guerre mais elle était en Allemand  » c’est parce que notre Lorraine avait été annexée… » se défendait le taulier sans véritablement convaincre ses plus anciens clients…

... l'ennemi vous écoute !

C’est vrai que les Marchés « sur réagissent », les graphiques qu’on nous montre à la télé ressemblent plus au profil d’une vieille scie qu’aux courbes d’une bimbo. La sur réaction c’est aussi le cas de nos piliers de comptoir…

Dans le lot habituel des joueurs de « Rapido », gratteurs et autres turfistes certains rêvent de gagner le pactole. Il y en a un, confondant millions et milliards, excusable car ce ne sont pas ses mesures habituelles, a décidé que s’il gagnait à l’Euro millions il allait acheter la Grèce vu qu’elle est ruinée et que c’est une affaire maintenant ! Il s’en trouve quand même pour avoir quelques idées plutôt pertinentes sur la crise économique même si les médias ne débitent que des éléments incompréhensibles au commun des mortels. Je vous avais déjà parlé de l’analyse très profonde de notre Dédé le turfiste qui considérait que comme au Quinté, dans la crise, si beaucoup y perdent de l’argent il doit bien en avoir qui en gagnent…

La question est en ce moment : les banques vont-elles faire faillite et du coup, doit-on en retirer tout son argent ?  » c’est foutu ! » dit l’un  » y z’ont tout dépensé notre fric et quand on va aller le retirer y en aura plus… » –  » m’en fout ! » disait l’autre, « depuis que je suis au chômedu, j’suis à découvert et moi ça m’arrangerait qu’ils tirent le rideau… » – Monsieur Bob, vous savez ? Robert, le fonctionnaire de la préfecture, notre expert économiste, qui écoutait ça de loin, ayant attaqué son second Picon Bière en profita pour se lancer dans un cour magistral sur les banques…

– « Une banque comment ça marche ? » attaqua–‘il comme Michel Chevalet à la télé, « c’est pas très compliqué… »

Comme dirait Wikipedia (il a de bonnes lectures monsieur Bob !) « Une banque est une entreprise qui fait le commerce de l’argent : elle reçoit et garde pour le compte de ses clients leurs capitaux, propose divers placements (épargne), fournit des moyens de paiement (chèques, carte bancaires, etc.) et de change, prête de l’argent, et plus généralement se charge de tous services financiers. » En résumé c’est une épicerie qui achète et vend de l’argent… Ça c’est la théorie, en pratique les banques c’est un peu plus compliqué, surtout depuis ces 15 dernières années.

C’était la définition des » banques de détail » celles qu’on connait au bout de la rue et dont le conseiller n’arrête pas de téléphoner quand on est à découvert ! Les gens y déposent leur argent, salaires, épargne, et la banque prête cet argent et aussi de l’argent qu’elle « achète » auprès des banques centrales ou des banques d’affaires, à ceux qui en ont besoin et qui peuvent rembourser pour acheter une voiture, construire, etc.

Mais il y avait à l’époque également les « banques d’affaires ». La banque d’affaires s’occupait des affaires financières, des grosses opérations sur les emprunts d’état, emprunts des banques, les opérations de bourse, les regroupements des grandes entreprises, la spéculation pour des grands comptes, etc. Ces banques n’intervenaient que très peu dans l’économie de tous les jours.

Petit à petit cette différence a disparu et les banques sont devenues d’énormes supermarchés de l’argent. Petit à petit également, les affaires qu’elles faisaient avec toi ou moi ne représentent plus qu’une toute petite partie de leurs activités. Le truc des banques aujourd’hui c’est qu’il est plus facile de gagner beaucoup de sous pour les actionnaires en spéculant sur des produits financiers qui n’ont rien à voir avec les entreprises, les salariés, la vie de tous les jours que de prêter à l’artisan du coin qui a besoin d’une camionnette…

Monsieur Bob se fit resservir un Picon, « le dernier… » pour pouvoir continuer sa leçon sur les banques.

La dernière trouvaille des banques c’est que, comme elles sont devenues trop grosses pour faire faillite, quand elles spéculent elles engrangent les gains, quand elles perdent à la roulette de la spéculation, quand c’est la crise elle disent, si vous ne voulez pas que ce soit la fin du monde (pour les actionnaires bien sûr !) il faut combler les dettes… Et les États, c’est à dire nous, qui en général n’aimons pas les fins du monde, remboursent les dettes [ nous en avions parlé dans un billet précédent « le turfiste et la crise »]. Pile tu perds, face je gagne, pour tomber dans les citations bateau…

C’est ça maintenant le fonctionnement des banques, pendant la crise les affaires continuent et la roulette de la spéculation continue de tourner. Il n’y a pas assez d’argent à gagner avec le petit commerce qu’on connaissait, alors on continue dans le business des produits dérivés et autres trouvailles jusqu’à la prochaine crise…

«  ouais, mais alors qu’est ce qu’on fait pour nos sous à la banque? » demanda le mec au coin du comptoir.

« si tu as vraiment peur que la banque va faire faillite, dépense le » décida Monsieur Robert, « et tant qu’à faire, creuse un découvert, comme ça quand la banque fera faillite tu n’auras même plus de dette… »

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 15/09/2011, dans économie, politique, Société, Uncategorized, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. C’est vraiment excellent! C’est publiable (dit la spécialiste des coups foireux)mais faudrait que ce soit pris par un canard. Pourquoi tu t’inscris pas sur Médiapart, moi je paye précaire, je mens pas… Bravo!

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  2. Conseil au mec du coin du comptoir : la prochaine fois qu’il va faire son plein et acheter ses clopes au Luxembourg, il peut passer une valise de billets… c’est très tendance, en ce moment !

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