Le Turfiste et la Crise …


Nous sommes un peu des nuls question économie au coin du comptoir, mais il n’empêche que les discussions sur « la Crise » vont bon train sur le sujet. Au bistrot, un rien vous lance dans un débat de fond, comme disent nos politiques quand ils veulent nous dire que dans ce « fond » il y a des choses que nous, les gens normaux, ne pouvons comprendre vu qu’on passe notre temps le coude sur le comptoir sans être passés par l’ ENA ou autre grande école dont l’enseignement porte sur « le fond », et pas sur comment placer deux parpaings l’un sur l’autre ou souder deux bouts de cuivre…

Le « rien » du jour était la remarque de Dédé, le turfiste du comptoir. Dans un parallèle stupéfiant de bon sens entre les résultats du Quinté du dimanche et la crise, notre Dédé eut une réflexion qui laissa sans voix les piliers matinaux du zinc…

« Quand on perd au turf il y en a qui gagnent. » il n’avait que deux chevaux dans la combinaison gagnante de la veille. «  ben je suis sûr qu’avec la crise c’est pareil. Y en a plein qui ont perdu et quelques uns qui ont gagné dans cette affaire… »

Profonde la remarque de Dédé, profonde et d’un niveau science économique supérieur. Il est clair que sur les marchés ceux qui gagnent empochent l’argent de ceux qui perdent. C’est une simple question de logique. Si j’achète un truc 100 espérant le revendre bientôt 110 et que quelques temps plus tard mon truc ne vaut plus rien… J’ai perdu 100 !! Celui qui me l’a vendu a empoché mes 100 et a donc gagné. Je n’entrerai pas dans les détails du genre – à combien celui qui me l’a vendu l’a-t-il acheté ? – ou autres considérations qui ne feraient que compliquer un raisonnement si simplement exemplaire.

La crise s’en trouve ainsi expliquée « au fond » d’une façon simple. Le marché fabrique « des produits financiers toxiques » comme disent nos experts qui, s’ils ne savent pas placer deux parpaings l’un sur l’autre ou souder deux tuyaux en cuivre, savent nommer précisément ce que j’appelais plus haut « truc ». Ils se revendent ces trucs (je simplifie pour toi lecteur qui n’a pas fait l’ENA) en faisant au passage des profits conséquents, bénéfices, commissions et salaires mirobolants justifiés par leur clairvoyance et leur génie spéculatif. Puis un jour, on s’aperçoit que ce « truc » ne vaut rien et que le dernier qui l’a acheté a perdu…

Bon, c’est là où s’arrête le parallèle génial de notre Dédé entre le turfiste malchanceux et le spéculateur boursier. En effet, notre turfiste a perdu sa mise et attend, s’il en a encore les moyens, la prochaine course pour se refaire. Notre dernier spéculateur, ayant misé jusqu’à sa dernière chemise sur ces « produits toxiques » se retrouve ruiné comme le serait notre turfiste qui aurait misé sa paye, sa voiture, sa femme et ses enfants sur la dernière course.

La première règle capitalistique dans ce cas est simple : on fait faillite… Et les investisseurs, actionnaires qui ont perdu leur argent sont ruinés et ceux qui ont vendu les trucs sont riches. Ainsi allait le monde jusqu’à ce que quelques génies de la finance n’inventent un nouvelle règle : comme nous sommes trop importants, trop gros, trop puissants pour être ruinés, vous allez tous vous cotiser pour que nous puissions redevenir riches et pouvoir spéculer à nouveau… Pas ceux qui ont gagné ce que nous avons perdu, non, l’état, c’est à dire, vous tous qui nous avez regardé chanter tout l’été et qui allez payer puisque la bise est venue…

Au coin du comptoir on n’est pas trop chaud pour cotiser sur le prochain pari de Dédé vu qu’il se plante quand même très souvent et que nous sommes sûrs que s’il gagne il gardera tout son pactole pour lui et que peut être il ne payera même pas une tournée générale… Les gagnants sont d’un égoïsme !!

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 29/08/2011, dans économie, politique, Société, Uncategorized, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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