La mondialisation, la crise expliquées aux gars du comptoir… (2)


La crise expliquée au coin du comptoir

(…)

«  Donc pour fabriquer à moins cher les usines ont été délocalisées dans les pays où la main d’oeuvre n’était pas chère mais aussi incapable d’acheter ces produits ou alors sont restées dans leurs pays d’origine en rognant sur les salaires et en augmentant la productivité (plus de biens produit par salarié). Tout allait bien dans un premier temps. Les téléviseurs, ordinateurs, téléphones mobiles, voitures, tous les produits étaient de moins en moins chers et la consommation suivait… »

Fasciné, je demandais à Moe de remettre un Picon Bière à monsieur Bob.

«  Deux problèmes sont apparus ensuite, la surproduction dans les usines et les investisseurs qui sont devenus de plus en plus gourmands pour leurs dividendes… Pour ce second problème la recette a été rapidement trouvée : continuer à verrouiller les salaires et augmenter la productivité. Le premier problème n’était pas facile a résoudre… Les financiers ont fini par trouver la parade. Si les gens n’ont pas assez d’argent pour acheter les biens en surproduction prêtons leurs de l’argent ! Et voilà ! C’était reparti ! Les usines fabriquaient et vendaient, les investisseurs touchaient de gros dividendes et les financiers gagnaient plein d’argent sur leurs prêts… »

Monsieur Bob fit une pose pour gouter à son nouveau Picon Bière…

«  au bout d’un certain temps ces solutions ne suffirent plus. Les usines se remirent à surproduire et les investisseurs qui ne voulaient pas voir leurs revenus diminuer, se mirent à revendre, racheter, fermer les usines à tour de bras. C’est alors que les financiers eurent une nouvelle idée de génie. Jusqu’à présent il ne prêtaient qu’à ceux qui pouvaient rembourser, s’ils se mettaient à prêter à ceux qui ne pourraient pas rembourser ils allaient augmenter les consommateurs et donc la consommation et résorber la surproduction des usines… Génial ! Avec des assurances sur les défauts de paiement et quelques astuces pour se débarrasser ensuite de ces crédits pourris l’affaire était pliée et tout le monde content… »

Jusque là j’avais suivi et j’avais quasiment tout compris. J’attendais avec impatience la suite.

(…)

« … En voyant que ces astuces fonctionnaient au mieux et faisaient beaucoup de profits, les financiers se mirent à l’exploiter dans pleins de secteurs et en particulier dans le domaine immobilier aux Etats Unis. Et c’est là que cela s’est mis à coincer. »

«  je ne vais pas entrer dans le détail des prêts hypothécaires mais en gros ça se passait comme ça :

En se basant sur le fait que la valeur des biens immobiliers augmente chaque année, qu’une maison qui vaut 100 cette année vaudra 105 l’année prochaine et 110 l’année suivante… Le financier propose à une famille insolvable de lui financer une maison à 100% avec des échéances ridicules les premières années ! Mieux, comme le bien immobilier prend de la valeur chaque année, le nouveau propriétaire pourra emprunter de l’argent supplémentaire s’ila quelque difficultés a joindre les deux bouts… Etonnant non ? Une trouvaille !! Cerise sur le gâteau, avec ces créances (très douteuses) le financier fabrique des produits financiers nouveau qu’il vend à tout de bras sur le marché avec la bénédictions des fameuses agences de notations qui mettent une note AAA à ces nouveaux produits »

Ça commençait a être un peu plus compliqué mais je suivais encore facilement cette leçon de la Crise pour les Nuls.

« … Pour que ça fonctionne il suffisait que les prix de l’immobilier augmentent régulièrement. Mais, comme on avait prêté en majorité à des gens insolvables il y eu de plus en plus de défauts de paiement, donc, d’expulsions, donc de maisons libres à vendre et ce qui devait arriver arriva, les prix de l’immobilier se mirent à baisser… Pouf ! Et la bulle spéculative d’exploser !! »

« les investisseurs avaient fait leur beurre, les financiers aussi restait a savoir qui allait le payer… Mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterai demain… Là il faut que je rentre… »

Ouaah ! Fastoche la crise avec monsieur Bob !

Je ne regrettais pas de m’être fendu d’un Picon Bière qui coûte quand même un bras pour cette leçon d’économie au coin du comptoir. En rentrant, pensif, je me disais qu’on devrait organiser toutes les universités d’été dans les bistrots. Ca serait super sympa, on deviendrait des experts en quelques cours et ça relancerait le petit commerce…

À propos de poltechno

Avec l'âge on radote et on parle tout seul... Comme il n'y a plus de bistrot dans mon quartier je me suis créé un bout de comptoir virtuel sur le Net histoire de refaire le monde...

Publié le 11/08/2011, dans économie, politique, Société, Uncategorized, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. J’ai compris, mais il faut que cela me reste dans la tête. C’est clair et net!… ce que tu as fort bien écrit.

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